Société, Culture

Crise au Moyen-Orient, l’ONU met en garde contre ses répercussions économiques au Sénégal

Le système des Nations Unies au Sénégal met en garde contre de possibles répercussions économiques de la crise en cours au Moyen-Orient et des perturbations enregistrées dans le détroit d’Ormuz, susceptibles d’affecter l’économie nationale, notamment à travers les coûts de l’énergie et des importations.

Dans une évaluation rapide publiée jeudi par des experts de l’Organisation des Nations Unies au Sénégal, il est indiqué que la transmission de ce choc géopolitique vers l’économie sénégalaise se ferait principalement via la hausse des prix du carburant, du fret maritime et de certaines denrées alimentaires.

Le document souligne que ces facteurs pourraient accentuer les pressions inflationnistes dans un contexte déjà marqué par des fragilités structurelles.

Selon l’analyse, le Sénégal reste exposé en raison de sa forte dépendance aux importations, notamment en hydrocarbures, produits alimentaires de base et engrais.

En 2024, le pays a enregistré un déficit commercial évalué à 5,4 milliards de dollars, avec 11,8 milliards de dollars d’importations contre 6,4 milliards d’exportations, illustrant une vulnérabilité persistante aux chocs extérieurs.

Le rapport relève également que le recul récent du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz témoigne de l’ampleur des perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, appelant les pays importateurs à renforcer leur vigilance.
Sur le plan interne, l’ONU note que la situation intervient dans un contexte de dette publique élevée et de marges budgétaires limitées, ce qui pourrait réduire la capacité de l’État à absorber les chocs économiques, notamment en cas d’augmentation des subventions ou des dépenses de soutien aux ménages.

« Une crise éloignée peut néanmoins avoir des effets concrets sur la vie quotidienne ici, à travers les prix du carburant, du transport et des denrées alimentaires », a déclaré Mme Aminata Maiga, Coordinatrice résidente de l’Organisation des Nations Unies au Sénégal, appelant à anticiper les risques et à renforcer la résilience économique et sociale.

L’évaluation identifie trois principaux canaux de transmission : une inflation importée liée aux coûts de l’énergie et du fret, une pression croissante sur les finances publiques et une fragilisation potentielle du pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables.
Au-delà des risques, le document souligne également des opportunités, notamment le renforcement du rôle du Sénégal comme hub énergétique et logistique régional, l’accélération des réformes dans les énergies renouvelables et le gaz, ainsi que l’approfondissement de l’intégration régionale via la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Les Nations Unies ont enfin recommandé de renforcer la protection sociale ciblée, de préserver les dépenses sociales prioritaires, de consolider la transparence économique et de lutter contre la désinformation afin de limiter les effets de panique sur les marchés et les ménages.

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