Société, Culture

Le constat amer de Sonko sur la justice

Ousmane Sonko a choisi la tribune religieuse de la Korité pour dresser, à nouveau, un constat sévère sur l’état de la justice au Sénégal. Dans sa déclaration prononcée ce samedi 21 mars 2026 après la prière à Ziguinchor, le Premier ministre a déclaré l’inertie judiciaire qui mine la confiance des citoyens.

“Il y a aujourd’hui des dossiers qui sont en latence, qui attendent depuis longtemps et qui ne sont pas traités de manière conséquente”, a affirmé le chef du gouvernement devant les fidèles réunis dans son quartier des HLM. Une stagnation qui a des conséquences directes sur la perception populaire : “C’est pourquoi aujourd’hui le peuple n’y croit plus tellement à une bonne application de la justice”, a-t-il ajouté.

Le locataire de Primature a rappelé l’importance de la justice dans le processus de développement, la réglementation au même rang que les infrastructures ou la fiscalité. “Un pays sans justice est un pays forcément sous-développé”, at-il martelé, précisant que “la justice vient même avant le coût fiscal” parmi les indicateurs scrutés par les investisseurs étrangers.

Sonko a exigé une application transparente et égalitaire de la loi : “Si il est établi que la loi a été allègrement violée, il faut que la justice avec des preuves concrètes, des procès équitables, pas des dossiers fabriqués contre X ou Y, à partir de ce moment, quel que soit le rang de la personne, il faut que la justice puisse s’appliquer.”

“Dans les limites de mes pouvoirs”

Mais c’est une formule qui devrait particulièrement retenir l’attention des observateurs. “En ce qui me concerne, malheureusement, en fonction dans les limites de mes pouvoirs, je fais ce que je peux”, a déclaré Ousmane Sonko, semblant reconnaître les contraintes de sa fonction face à l’indépendance constitutionnelle de la justice.

Le chef du gouvernement a néanmoins insisté sur la dimension collective du chantier : “C’est un chantier qui interpelle tout le peuple sénégalais, qui interpelle le gouvernement, qui interpelle la justice elle-même, tous les acteurs de la justice et nous devons y travailler.”

Au-delà de la question judiciaire, Ousmane Sonko a consacré une large partie de son allocution aux fondements idéologiques de son action gouvernementale. Il a placé le patriotisme en tête de ses priorités, le définissant comme “aimer son pays plus que soi-même” et “défendre les intérêts du Sénégal quel que soit l’interlocuteur que vous avez en face de vous et quel que soit le pays d’où il vient, sa puissance financière économique”.

Sur la souveraineté, le Premier ministre a cité l’exemple iranien : “Si vous voyez un pays comme l’Iran qui malgré presque 40 ans d’embargo, de toutes sortes de sanctions résistent encore, c’est que l’Iran a créé les conditions de sa souveraineté, sa souveraineté technologique, sa souveraineté économique, sa souveraineté militaire.”

Concernant la dette héritée, Sonko a révélé les contraintes budgétaires : “Si vous prenez plus de 70% de toutes vos recettes pour payer des dettes, vous n’avez pas de richesse à partager.” Il a également confirmé que “la suspension de notre programme avec le FMI” avait bloqué le financement chinois du pont Emile Badiane, justifiant l’inscription de 30 milliards FCFA au budget 2026 pour avancer avec les ressources nationales.

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