Société, Culture

Le Sénégal garde son trophée, assure Goloko

Invité de l’émission “Objection” sur Sud FM ce dimanche 22 mars 2026, le journaliste sportif sénégalais Aliou Goloko, également prestataire de la Confédération africaine de football (CAF) comme officier média, a livré une analyse détaillée de la controverse entourant la finale de la CAN 2025. Prenant la précaution de précision qu’il s’exprimait “en tant que journaliste sportif sénégalais” et non au nom de la CAF, Goloko a vigoureusement contesté la décision du jury d’appel ordonnant au Sénégal de restituer le trophée au Maroc.

“L’équipe du Sénégal n’a pas abandonné le jeu”, a affirmé Goloko lors de l’émission diffusée sur Sud FM, candidat à l’application des articles 82 et 84 étudiés par le jury d’appel. Le journaliste a rappelé que les joueurs sénégalais sont revenus sur le terrain après quinze minutes de protestation, permettant au Maroc de tirer son penalty avant de poursuivre le match jusqu’à la victoire en prolongation. “On voit même sur les images les propres joueurs marocains demandant aux joueurs sénégalais de revenir reprendre la partie”, at-il souligné, évoquant notamment l’image de Sadio Mané appelant ses coéquipiers à “se battre comme des hommes”.

S’appuyant sur les textes réglementaires, Goloko a martelé son argument juridique central : “Le résultat entériné par l’arbitre est celui qui fait foi dans tout arbitrage”, citant la loi 5 des règlements de l’International Football Association Board (IFAB). Selon lui, le rapport de l’arbitre ayant acte la victoire sénégalaise au coup de sifflet final, “personne ne peut prouver” le contraire. “Il ya des cas de jurisprudence qui sont là et sur lesquels tous les résultats acquis sur le terrain ont été sécurisés”, at-il expliqué, se déclare “complètement serein” quant à l’issue du recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Le journaliste a également révélé que “la partie sénégalaise” n’aurait pas eu “la possibilité de plaider ou de défendre leur position” devant le jury d’appel, apprenant la décision “à leur grande surprise”. Il a rappelé la composition des jurys de la CAF, suggérant qu’il y avait “de meilleurs profils juridiques du point de vue professionnel” au sein du jury disciplinaire qu’au jury d’appel, et appelant à des contrôles de “moralité” et d'”impartialité” plus rigoureux.

Gouvernance de la CAF et relations sénégalo-marocaines

Goloko a dressé un constat sévère de l’impact de cette affaire sur l’image du football africain. “C’est une décision qui porte un discrédit total sur la Confédération africaine de football, sur le football africain en général et sur ses principaux acteurs notamment ses dirigeants”, a-t-il déploré lors de l’émission. Il a décrit la décision comme “un sacré coup de masse” pour une institution qui “était sur une bonne base” après avoir surmonté de graves difficultés financières.

Évoquant le rôle de Fawzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football et premier vice-président de la CAF, Goloko a reconnu l’influence croissante du dirigeant marocain, qui a développé des accords de coopération avec 35 fédérations africaines. Mais il a pointé du doigt “l’attitude des autres dirigeants des fédérations africaines de football qui ne lèvent pas un seul doigt”, estimant que “quand on n’est pas d’accord, on dit qu’on n’est pas d’accord”.

Sur le plan diplomatique, le journaliste a averti que “les relations sénégalo-marocaines ne pourraient plus être les mêmes” après cette affaire. “Le Maroc ne gagnerait pas à se mettre le Sénégal à dos sur le plan diplomatique”, a-t-il souligné, qualifiant de “pas assez intelligent” le fait de “brader” au prix d’un match de football des liens séculaires entre deux pays.

Appel à l’unité avant la Coupe du monde

Concernant les supporters sénégalais détenus au Maroc avec des peines allant jusqu’à deux ans d’emprisonnement, Goloko a rappelé le caractère “exemplaire” de ces supporters qui “ont fait toutes les grandes compétitions de ces 15 dernières années” sans “jamais un seul problème”. “Il ya jamais eu une seule arrestation d’un supporter sénégalais”, a-t-il insisté sur Sud FM, appelant les autorités marocaines à la “clémence” et le gouvernement sénégalais à la “fermeté” pour obtenir leur libération.

Quelques mois de la Coupe du monde 2026 où le Sénégal affronta la France en match d’ouverture le 16 juin, Goloko a lancé un “appel pour l’unité sacrée autour de cette équipe”. “Faisons fi de toutes nos différences”, at-il exhorté, estimant que le Sénégal, champion d’Afrique, a “la capacité aujourd’hui d’aller au-delà de ce que le Maroc a fait” en 2022 et peut “bel et bien jouer une finale de coupe du monde”.

Le journaliste a également plaidé pour des réformes profondes de la gouvernance de la CAF, notamment un “traitement équitable de l’ensemble des 54 membres”, une sélection rigoureuse des membres des commissions indépendantes, et un retour aux “élections démocratiques” plutôt qu’à des “bureaux consensuels” qui créent “plus de problèmes” qu’ils n’en résolvent.

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