la particularité de ces missiles qui pousse l’armée à restreindre ses interceptions

La confrontation militaire entre l’Iran, Israël et les États-Unis atteint un nouveau niveau de violence. Des missiles iraniens ont frappé samedi les villes d’Arad et de Dimona, situées à proximité d’un centre de recherche nucléaire israélien. Cette offensive, qui a fait au moins 180 blessés, intervient en représailles à une attaque contre l’installation nucléaire iranienne de Natanz.
La nature de l’arsenal déployé par Téhéran modifie la gestion de la défense anti-aérienne. Selon les informations diffusées par la chaîne Al Jazeera, l’Iran utilise des armes à sous-munitions dans ses frappes. Uzi Rubin, directeur fondateur du programme de défense antimissile israélien, affirme que ces ogives, au lieu de contenir une seule charge explosive, larguent plusieurs petites bombes en vol. Selon le type de missile, une seule ogive peut disperser entre 20 et 80 sous-munitions.
Cette spécificité technique complique considérablement l’interception. Un missile balistique doit être détruit avant que sa charge utile ne s’ouvre. Une fois les sous-munitions larguées, la menace se fragmente, rendant un blocus total extrêmement difficile. Face à cette contrainte, l’armée israélienne a décidé de préserver ses missiles intercepteurs. Les autorités militaires considèrent que ces bombes à fragmentation ne risquent pas de causer des dégâts importants si la population est dans les abris, justifiant ainsi le choix de ne pas abattre systématiquement tous les projectiles. Un porte-parole militaire a également admis que le système de défense n’avait pas réussi à intercepter certains missiles tombés sur Arad et Dimona.
Les infrastructures stratégiques concentrent désormais le feu. L’Organisation iranienne de l’énergie atomique a confirmé que les États-Unis et Israël ont frappé samedi le site d’enrichissement d’uranium de Natanz. En réponse, des tirs iraniens ont visé la région de Dimona, qui abrite la principale installation nucléaire israélienne. Ces frappes ciblées s’ajoutent aux récents bombardements américains sur l’île de Kharg, hub pétrolier iranien, et s’inscrivent dans une dynamique d’affrontement régional qui a déjà conduit à la condamnation des attaques iraniennes par plusieurs pays arabes et alliés.
Sur le front maritime, Téhéran a fermé le détroit d’Ormuz, passage vital pour le transport mondial des hydrocarbures. Le président Donald Trump a répondu samedi soir en lançant un ultimatum de 48 heures à l’Iran. Il exige la réouverture totale du détroit, menaçant, en cas de refus, de détruire les centrales électriques iraniennes, en commençant par les plus importantes.
Depuis le début de cette guerre, le 28 février, le ministère israélien de la Santé a recensé au moins 4 564 blessés. Concernant les armes, l’utilisation par l’Iran d’armes à sous-munitions a été qualifiée de violation flagrante du droit international humanitaire par Amnesty International. Ces munitions sont interdites par une convention de 2008 que ni l’Iran ni Israël n’ont signée. Dans le même temps, les opérations militaires israéliennes à Gaza continuent d’être qualifiées de génocide par les chercheurs et les groupes de défense des droits de l’homme.


