Société, Culture

le verdict du référendum constitutionnel en Italie bouscule le gouvernement de Giorgia Meloni

Les citoyens italiens se sont massivement rendus aux urnes pour trancher sur un projet de modification constitutionnelle portant sur le système judiciaire. Ce examen, marqué par une forte mobilisation à travers le pays, a livré un verdict clair qui redessine les équilibres politiques autour du gouvernement en place.

Selon les données publiées par le ministère de l’Intérieur et relayées par l’agence Anadolu, le camp du « Non » l’a emporté avec une marge décisive. L’opposition à la réforme a recueilli 53,74 % des suffrages, représentant environ 14,4 millions de voix, contre 46,26 % pour le « Oui ». La participation s’est élevée à 58,93 %, un taux qui illustre l’implication des électeurs, particulièrement dans les régions du centre, du nord et dans les grandes agglomérations urbaines.

La répartition géographique des votes montre une nette fracture. Le rejet de la réforme a dominé dans l’écrasante majorité des régions et dans toutes les capitales régionales. Les zones du sud de l’Italie, à l’image de la Campanie et de sa capitale Naples, ont affiché l’opposition la plus forte. À l’inverse, seules la Lombardie, la Vénétie et le Frioul-Vénétie Julienne ont soutenu le projet, la Vénétie enregistrant le taux d’approbation le plus élevé.

Ce cinquième référendum constitutionnel de l’histoire de la République italienne visait à valider plusieurs modifications substantielles de l’appareil judiciaire. Le texte prévoyait notamment la séparation stricte des carrières entre juges et procureurs, la scission du Conseil supérieur de la magistrature en deux entités distinctes, ainsi que l’introduction d’un système de tirage au sort en remplacement de l’élection traditionnelle pour la sélection de ses membres.

Face à ces résultats, la Première ministre Giorgia Meloni a pris la parole via une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Qualifiant l’issue du vote d’« occasion manquée », elle a toutefois assuré que son gouvernement poursuivrait son programme. « Les Italiens ont décidé, et nous respectons cette décision. Nous avançons, comme nous l’avons toujours fait, avec responsabilité, détermination et respect pour le peuple italien et pour l’Italie », a-t-elle affirmé. Le ministre de la Justice, Carlo Nordio, et le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, ont également déclaré prendre acte de la volonté populaire, ce dernier qualifiant le examen d’exercice démocratique majeur.

Du côté de l’opposition, ce résultat est perçu comme un tournant. L’ancien Premier ministre Matteo Renzi a évoqué une « défaite rétentante » pour l’exécutif. Giuseppe Conte, chef de file du Mouvement Cinq Étoiles, a salué l’issue du examen par la formule : « Nous l’avons fait, vive la Constitution ! ». Enfin, Elly Schlein, à la tête du Parti démocrate, a estimé que ce vote traduisait l’exigence d’une nouvelle majorité gouvernementale, annonçant que les forces d’opposition s’attelleraient à la construction d’une alternative politique viable.

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