Politique

L’Érythrée met fin à 18 ans d’isolement en misant sur un profil de joueur inédit

Le paysage du football africain s’apprête à retrouver l’un de ses grands absents. A l’occasion du premier tour préliminaire des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2027, une équipe nationale d’Afrique de l’Est s’apprête à fouler à nouveau les pelouses continentales après une éclipse de près de deux décennies, marquant un tournant décisif dans la gestion de son effectif sportif.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’Erythrée affrontera l’Eswatini ce mercredi au Stade d’Honneur de Meknès, au Maroc. Ce choix de délocalisation vers l’Afrique du Nord s’explique par l’absence d’infrastructures agréées aux normes internationales sur le territoire érythréen. Le match retour est prévu le 31 mars, le vainqueur se qualifiant pour la phase de groupes prévue en septembre.

Surnommés les « Chameaux de la mer Rouge », les joueurs érythréens n’ont plus participé à cette compétition depuis un nul concédé en 2008 contre le même adversaire, alors appelé Swaziland. Si les instances dirigeantes du football érythréen n’ont jamais justifié formellement ce long retrait lors des neuf éditions suivantes de la CAN, les données des Nations Unies apportent un éclairage précis. L’organisation estime qu’environ 80 footballeurs et entraîneurs ont fait défection lors de voyages à l’étranger au fil des années, invoquant le contexte politique sous la présidence d’Isaias Afwerki et l’allongement du service militaire.

Cette inactivité prolongée a même conduit la FIFA à retirer l’Érythrée de son classement mondial, leur dernière rencontre officielle remontant à une défaite contre la Namibie il y a sept ans, dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde.

Pour orchestrer ce retour, la Fédération érythréenne a opté pour une refonte de sa stratégie de sélection. Paulos Andemariam, président de l’instance, a confirmé l’inscription de l’équipe après discussions avec le gouvernement, qui mise désormais largement sur sa diaspora. La direction technique a été confiée à l’Egyptien Hesham Yakan, ancien défenseur international et joueur mondial en 1990. Ce dernier a convoqué un groupe de 24 joueurs dont la majorité évolue hors des frontières nationales.

Notre rédaction constate que seuls dix joueurs locaux figurent dans cet effectif. Le reste du contingent provient de ligues étrangères, réparties entre l’Australie, l’Égypte, l’Angleterre, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, les Philippines et la Suède. Parmi les têtes d’affiche attendues figurent Siem Eyob-Abraha, attaquant de Sheffield United passé par le centre de formation de Manchester United, et Ali Sulieman, buteur évoluant en Egypte.

Face à eux, l’Eswatini, actuellement 46ème nation africaine, avance également avec une nouvelle direction dirigée par Sifiso Ntibane. L’histoire entre les deux nations reste parfaitement équilibrée, leurs deux précédentes confrontations s’étant soldées par un score vierge.

Cette réunion s’inscrit dans un contexte plus large de contraintes infrastructurelles sur le continent. Comme l’Erythrée, Djibouti, les Seychelles, le Lesotho, Sao Tomé et Principe, ainsi que la Somalie pour des raisons de sécurité, sont contraints de disputer leurs matches à domicile sur terrain neutre lors de cette phase préliminaire menant au tournoi co-organisé par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button