Politique

« De très bons résultats », mais des réformes attendues, selon Thaddée Adiouma Seck

Le Sénégal consolide son statut de référence mondiale en matière de transparence dans le secteur extractif. Présentant les résultats de la Validation ITIE 2026, le Coordinateur National et Secrétaire Permanent du Comité National ITIE (CN-ITIE), Thaddée Adiouma Seck, a salué une « très bonne » performance, tout en reconnaissant des axes d’amélioration à aborder d’ici la prochaine échéance.

Avec une note globale de 89/100 (4,9/5), le pays affiche des résultats solides, malgré un léger repli par rapport à 2021. Une évolution que le dirigeant attribue à un cadre désormais plus exigeant :

« Cette baisse relative s’explique par la nouvelle norme ITIE 2023, qui impose des obligations renforcées, notamment sur les bénéficiaires effectifs et les coûts pour les entreprises. »

Un processus rigoureux et inclusif

La validation, menée par le Secrétariat de l’ITIE, repose sur une approche participative impliquant les pouvoirs publics, la société civile, etc. ; De la collecte des données à la validation finale par le Conseil d’Administration, chaque étape vise à garantir la fiabilité et la transparence du processus.

Une performance solide portée par la transparence

Dans le détail, note M. Seck, 13 exigences sur 24 obtiennent plus de 90/100, tandis que 9 autres atteignent 70/100. Le Sénégal se distingue particulièrement par la régularité de ses publications et son engagement politique :

« Le Sénégal excelle en matière de ponctualité et de transparence contractuelle. »

Avec une note de 100/100 sur l’engagement politique, le pays confirme sa volonté de faire de la transparence un levier de gouvernance et de confiance du public.

Redistribution et contrôle : les principaux enjeux

Malgré ces progrès, Thaddée Adiouma Seck insiste sur la nécessité de transformer les performances en impacts concrets, notamment au niveau local : « La prochaine étape consiste à rendre efficaces les transferts infranationaux. »

La redistribution des revenus miniers vers les collectivités locales reste insuffisante, enjeu crucial pour répondre aux attentes sociales et environnementales.

Une autre priorité est le renforcement du contrôle et de la réglementation : « La divulgation des bénéficiaires effectifs doit être accompagnée d’analyses pour prévenir les conflits d’intérêts et la corruption. »

Le contrôle des licences reste également préoccupant, avec plus de 90 % des titres accordés en 2024 jugés non totalement conformes.

Entreprises publiques et exigences environnementales

Le CN-ITIE appelle également à des efforts accrus de la part des entreprises publiques, notamment en matière de transparence financière :

« Les entreprises publiques doivent améliorer la régularité et la qualité des publications financières. »

Par ailleurs, l’intégration prochaine des données sur les émissions de gaz à effet de serre, d’ici 2030, marque une avancée vers une gouvernance plus responsable du secteur.

Maintenir son leadership par la confiance

Au-delà des chiffres, le Sénégal est présenté comme un modèle de dialogue et de réforme : « Les performances du Sénégal montrent comment les pays peuvent servir de plateforme de confiance. »

Mais ce leadership reste conditionné à la constance des efforts : « Une transparence continue sera essentielle pour maintenir la confiance du public. »

Bref, pour Thaddée Adiouma Seck, la Validation ITIE 2026 confirme la solidité du modèle sénégalais, tout en posant les bases des réformes futures, notamment en matière de redistribution, de contrôle et de responsabilité environnementale.

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