La crédibilité de la CAF mise à l’épreuve

(SénéPlus) – La gouvernance du football africain fait l’objet de nouvelles interrogations à la suite d’une décision controversée de la Confédération africaine de football (CAF). Deux mois après la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 remportée sur le terrain par le Sénégal face au Maroc à Rabat (1-0), l’instance continentale a finalement annulé ce résultat et attribué le titre au Maroc. Cette décision, rendue par la commission d’appel de la CAF, ne prévoit ni la reprise du match ni un simple réexamen technique de certaines actions, mais une modification directe de l’issue de la rencontre, suscitant une onde de choc dans le monde du football africain.
Dans une analyse publiée sur la plateforme Africa Unscrambled, le 24 mars 2025, le journaliste Segun John estime que cet épisode dépasse largement le cadre d’un simple contentieux sportif. Dans son article intitulé « Patrice Motsepe et l’effondrement de la crédibilité du football africain », il explique que la remise en cause d’un résultat acquis sur le terrain constitue une atteinte au principe fondamental de finalité des décisions sportives, qui garantit la crédibilité et la stabilité des compétitions.
Cette affaire met en lumière des problèmes plus profonds liés à la gouvernance de la CAF. L’instance continentale, rappelle-t-il, est régulièrement confrontée à des controverses concernant ses procédures disciplinaires et ses mécanismes de décision. Toutefois, la décision de modifier rétroactivement l’issue d’une finale de CAN représente, à ses yeux, un précédent particulièrement préoccupant, car elle remet en cause l’intégrité même de la compétition la plus prestigieuse du football africain.
L’analyse revient également sur le rôle du président de la CAF, Patrice Motsepe, élu en 2021 avec l’ambition affichée de restaurer la crédibilité et la transparence de l’organisation. Homme d’affaires sud-africain et propriétaire du club Mamelodi Sundowns, Motsepe avait hérité d’une institution fragilisée par plusieurs scandales de gouvernance. Mais pour Segun John, la gestion actuelle de cette crise risque d’éroder davantage la confiance des fédérations et du public envers l’instance dirigeante.
Dans son article publié sur Africa Unscrambled, John souligne également que la perception d’une influence politique dans certaines décisions de la CAF nourrit les tensions entre les différentes fédérations nationales. Cette situation alimente une méfiance croissante, non seulement parmi les dirigeants du football africain, mais aussi auprès des supporters, des joueurs et des partenaires économiques du sport.
Il a également mis en garde contre les conséquences à long terme pour l’image du football africain. Si les décisions institutionnelles apparaissent imprévisibles ou contestables, cela pourrait fragiliser l’attractivité des compétitions africaines auprès des sponsors, des diffuseurs et du public international. Pour lui, la crédibilité institutionnelle constitue un élément central du développement du sport et de sa capacité à attirer des investissements durables.
L’analyse considère que cette affaire constitue un test majeur pour la gouvernance du football africain. Selon Segun John, la CAF doit démontrer sa capacité à restaurer la confiance à travers des procédures transparentes et des décisions cohérentes. À défaut, prévient-il, le risque est de voir s’installer durablement le doute sur l’intégrité des compétitions africaines et sur la légitimité de l’instance qui les organise.



