Les marchés mondiaux prudents quant à la possibilité d’une trêve

Une fois, pas deux : les marchés mondiaux n’ont pas été convaincus mardi par les annonces américaines de discussions avec l’Iran, les démentis de Téhéran mettant fin aux espoirs d’une fin rapide des hostilités qui s’étaient fait jour la veille.
“L’incertitude entourant la situation au Moyen-Orient continue de tenir les investisseurs du monde entier (…) fermement sous son emprise”, a commenté Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets.
Les États-Unis négocient « en ce moment » avec Téhéran, a déclaré mardi Donald Trump.
Lundi, dans un revirement qui a surpris les analystes, le président américain avait déjà annoncé de “très bonnes” négociations avec l’Iran, déclenchant une vague d’optimisme sur les marchés financiers.
Mais cet enthousiasme s’est estompé après les démentis iraniens, qui niaient l’existence de ces discussions.
Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, a déclaré lundi que l’annonce de M. Trump était une “fausse nouvelle” destinée “à manipuler les marchés financiers et pétroliers et à permettre aux Etats-Unis et à Israël de sortir du bourbier dans lequel ils sont empêtrés”.
En fait, un pic d’activité inhabituel a été enregistré lundi matin juste avant l’annonce de M. Trump qui a provoqué une chute des prix.
“Alors que presque tous les investisseurs tentent de prendre des décisions d’investissement dans un contexte d’incertitude maximale, un petit groupe semble clairement en savoir plus que le reste du monde”, a noté Lipkow.
Après leur chute lundi, les prix du pétrole ont rebondi mardi.
Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, a bondi de 4,55% à 104,49 dollars. Son équivalent américain, le baril de WTI, grimpe de 4,79% à 92,35 dollars.
“Une escalade (au Moyen-Orient, ndlr) nous menace toujours et aucune solution n’est en vue, ni le rétablissement du détroit d’Ormuz comme voie de transit” pour les pétroliers, a déclaré à l’AFP John Kilduff, analyste chez Again Capital.
– Bourses sur retenue –
“Il reste un certain scepticisme quant à la rapidité avec laquelle cette guerre pourrait se terminer et comment elle se terminerait” après plus de trois semaines, a observé Patrick O’Hare, analyste chez Briefing.com.
José Torres, analyste chez Interactive Brokers, constate cependant un “contraste” entre les marchés boursiers et les “marchés obligataires et des matières premières, qui font preuve d’une grande prudence”.
Les Bourses européennes ont terminé mardi une séance mitigée sans direction commune. Paris gagne 0,23%, Londres 0,72% et Milan 0,42% tandis que la Bourse de Londres perd 0,07%.
A Wall Street, le Dow Jones a perdu 0,18%, l’indice Nasdaq a chuté de 0,84% et l’indice plus large S&P 500 a chuté de 0,37%.
Même si “de nombreuses questions restent sans réponse”, les investisseurs sur les marchés actions sont prêts à tout moment à un rebond des indices, dans le cas où de nouvelles annonces de M. Trump seraient perçues positivement, selon M. O’Hare.
– Les obligations en hausse –
Concernant les marchés obligataires, Kathleen Brooks, directrice de recherche chez
Référence en Europe, le rendement de la dette allemande à dix ans a touché le seuil des 3%. Son équivalent français grimpe à 3,72%, contre 3,71% la veille à la clôture.
Le taux américain à dix ans s’élève à 4,36%, contre 4,34% la veille à la clôture.
Lorsque les prix augmentent, les investisseurs exigent des intérêts plus élevés sur les titres de créance publics (« obligations ») afin de continuer à investir à un taux de rendement attractif. [AFP]



