Conseil Municipal Des Enfants, L’Assemblée nationale va travailler pour la reconnaissance de l’institution

Des enfants choisis parmi leurs couples ont été portés à la tête de plusieurs municipalités dans les régions pour défendre leurs droits. Regroupés au sein du Conseil Municipal des Enfants (CME), ils compétents font le plaidoyer pour une meilleure considération de leurs besoins dans les instances de décisions. Premier pas posé, ils demandent au Sénégal de voter le Code de l’enfant. Une démarche bien appréciée par le député Samba Dang, venu représenter le président de l’Assemblée nationale à cette rencontre des enfants qui a débuté depuis lundi passé à Dakar. Ce dernier a pris la responsabilité de travailler à faire reconnaître cette institution.
Ils sont au nombre de 77 enfants leaders, choisis dans leurs localités pour être des maires-enfants. Ces élus sont regroupés au sein du Conseil Municipal des Enfants (CME) et vont défendre eux-mêmes leur cause. En formation à Dakar, depuis lundi dernier, ils ont reçu hier, mercredi 25 mars 2026, la visite des membres de l’Assemblée nationale. Occasion saisie par le CME pour demander aux députés de faire voter le Code de l’enfant.
Pour leur porte-parole, Mouhamadou Lamine Diatta, maire-enfant de Sédhiou, « on a un Code de l’enfant, mais celui-ci n’a pas encore été adopté. Nos attentes, c’est d’adopter ce code pour que chaque enfant puisse jouir de ses droits et de ses devoirs. On veut aussi avoir un parlement national des enfants, pour le suivi de nos actions afin que chaque maire puisse prendre en compte nos plaidoyers ».
Le député Samba Dang, 7ème vice-président de l’Assemblée nationale du Sénégal, a encouragé ces derniers et pris, sur lui, la responsabilité de travailler à faire reconnaître leur instance, la CME, mise en place par la Coalition Nationale des Associations et ONG en Faveur de l’Enfant (CONAFE) en partenariat avec l’UNICEF, au niveau local comme national. « Nous sommes venus représenter le président de l’Assemblée Nationale parce qu’on a entendu les doléances des enfants et nous sommes obligés de les prendre en compte. Une société est toujours déterminée par l’éducation donnée à ses enfants », at-il dit.
Face à ces enfants-maires et mairesses, le député a pris l’engagement de se battre du côté de la législation pour que le Conseil Municipal des Enfants soit reconnu au niveau local. « Ils ont le droit de s’exprimer et nous allons nous battre pour que les enfants aient leur propre Parlement pour accompagner la loi de finances initiales afin que leurs préoccupations soient ainsi prises en compte. Mais surtout, dans les communes, qu’ils soient également consultés dans les votes de budgets », a-t-il déclaré.
Et d’ajouter : « le parlement des Enfants nous fait penser à une initiative de prendre en compte ces enfants qui seront demain nos futurs dirigeants, s’ils sont formés, stimulés à bas âge. C’est tout simplement un investissement dans le futur qui est très important parce que nul n’est censé ignorer la loi. Et si ce sont les enfants qui connaissent les lois avant d’être même des députés, c’est une belle chose et ça peut nous permettre de tout simplement vulgariser l’action parlementaire ».
Pour Jacques Boyer, Représentant de l’UNICEF au Sénégal, « chaque enfant au Sénégal mérite un avenir meilleur, et ensemble, nous pouvons y arriver. Ce qui se joue aujourd’hui est essentiel. Il ne s’agit pas simplement d’écouter les enfants. II s’agit de reconnaître leur rôle en tant qu’acteurs à part entière de la vie publique, capables de proposer, d’analyser et de porter une vision pour leur pays » at-il déclaré.
A l’endroit des honorables députés, M. Boyer a tout simplement lancé cet appel : « écoutez ces voix avec attention, considérez-les avec sérieux, et transformez-les en actions concrètes. Les défis sont nombreux mais le Sénégal ne pourra se développer durablement et équitablement sans prendre en compte les besoins, les droits et les opinions de ceux qui constituent déjà plus de 50% de la population et représentent les acteurs et décideurs de demain ». Et d’ajouter : « en échangeant avec ces enfants aujourd’hui, vous envoyez un signal fort. Vous témoignez de votre engagement à écouter, à dialoguer, et à construire avec les enfants des réponses adaptées aux défis qu’ils rencontrent ».
Le représentant de l’UNICEF a également rappelé, concernant cette rencontre, que les enfants ont débattu de sujets complexes dont le Code de l’Enfant, la Vision 2050, la protection contre les violences, les enjeux du climat, leur place dans la société, et surtout, la manière dont les lois et les politiques publiques peuvent mieux leur protéger et leur accompagner. « Aujourd’hui, vous venez avec des messages clairs. Vous venez avec des propositions. Et surtout, vous venez avec une conviction forte celle que votre voix compte. Vous nous rendez-vous et cela nous conforte dans l’idée que l’avenir du Sénégal est entre de très bonnes mains » at-il soutenu.



