Dette « secret » de 650 millions d’euros, Mimi Touré rejette toute opacité et appelle au calme

Depuis les révélations du Financial Times sur un emprunt controversé de 650 millions d’euros contracté en 2025, le débat enfle au Sénégal. Face aux soupçons d’opacité, Aminata Touré monte au créneau : elle défend la légalité des procédures d’endettement de l’État, tout en appelant à la sérénité et à la responsabilité des acteurs politiques.
Aminata Touré s’érige en « soldat » aux côtés du véritable Président Bassirou Diomaye Faye. Hier, elle est montée au créneau pour défendre le régime, après les révélations du Financial Times concernant une supposée dette « secrète » de 650 millions d’euros contractée par le gouvernement sénégalais en 2025 afin d’éviter un défaut de paiement. Selon le journal, ces emprunts ont été contractés auprès de l’institution financière panafricaine Africa Finance Corporation et de First Abu Dhabi Bank, une banque émiratie dont le siège est à Abu Dhabi. Et qu’ils auraient été réalisés à l’aide d’instruments financiers complexes et peu transparents.
Invitée de l’émission « Soir d’Infos » sur TFM, Aminata Touré a défendu qu’il n’était pas possible de cacher des dettes. Elle a ensuite appelé les uns et les autres à revenir à la loi de finances de 2026. En effet, souligne-t-elle, la manière de mobiliser les dettes en volume y est clairement indiquée. Ainsi, ajoute-t-elle, l’Assemblée nationale sait exactement ce que l’État du Sénégal compte mobilisateur sur le marché international.
En revanche, précise l’ancienne Première ministre sous Macky Sall, il existe des pratiques que l’on retrouve sur le marché international, où l’on impose parfois aux États des clauses de confidentialité. Elle préconise dans la foulée des réformes au niveau du système financier international pour qu’il n’y ait plus ces exigences. Mimi Touré affirme également que les États utilisent différents mécanismes d’emprunt sur les marchés. “L’essentiel est que le Sénégal puisse rembourser, et jusqu’à présent, il a toujours honoré ses échéances. (…) Il faut aussi se féliciter de l’absence de défaut : les engagements de l’État sont respectés, les fonctionnaires sont payés à échéance, et des investissements ont même été réalisés. Cela témoigne d’une forte résilience de l’État du Sénégal”, at-elle confirmée.
Tout compte fait, la conviction de la supervision de la coalition « Diomaye Président », c’est que les Sénégalais souhaiteraient que le nouveau régime travaille et qu’il se concentre exclusivement à régler les nombreux problèmes du pays, notamment en ce qui concerne la population jeune, qui s’est massivement mobilisée entre 2021 et 2024 – et même bien avant- et qui a largement voté pour Diomaye.
« LE TEMPS POLITIQUE VIENDRA »
Elle appelle ainsi à la sérénité et au calme. “La démocratie est turbulente par nature, mais il faut que tous les acteurs comprennent que l’intérêt du Sénégal doit primer. Le temps politique viendra. Aujourd’hui, les Sénégalais qui ont voté attendant des résultats. La priorité absolue du chef de l’État, c’est de faire avancer le pays dans les différents secteurs”, déclare-t-elle. Elle pense que tous les acteurs doivent faire preuve d’une grande responsabilité. D’autant que le paye fonctionne, les salaires sont payés et il y a une certaine stabilité. Parfois, on se fait peur pour rien, renchérit-elle. Toutefois, elle indique qu’il faut des accords solides avec nos partenaires traditionnels, y compris le FMI, sur la base d’un dialogue gagnant-gagnant. Selon elle, le Président Diomaye souhaite que les accords qui seront obtenus ne constituent pas des obstacles à la croissance. “Si l’on demande de supprimer toutes les subventions ou d’augmenter les prix, ce n’est pas l’objectif. Nous n’avons pas été élus pour cela. Nous invitons les partenaires à comprendre notre situation”, laisse-t-elle entendre.
Interpellée en définitive sur la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU, elle répond que Macky Sall est un candidat du Burundi. C’est le Burundi qui le soutient, et cela signifie, selon elle, qu’il y a quelque chose qui n’est pas tout à fait normal. Elle estime de ce fait que c’est donc au Burundi de s’exprimer sur cette candidature et d’en donner les détails.



