Société, Culture

Human Rights Watch accuse l’Etat d’inaction

Dix ans après les inondations qui ont bouleversé Saint-Louis, des milliers de déplacements climatiques vivent toujours dans des conditions précaires, particulièrement à Khar Yalla. Human Rights Watch dénonce l’insuffisance des mesures de relogement et accuse l’État de ne pas avoir apporté un soutien adéquat aux populations affectées.

Des membres de Human Rights Watch sont actuellement au Sénégal pour plaider en faveur de l’adoption d’une politique nationale visant à protéger les droits des personnes déplacées pour des raisons climatiques lors de réinstallations planifiées. Ils se sont ainsi déplacés dans la langue de Barbarie à Saint-Louis précisément à Khar Yalla pour soutenir les familles déplacées par les inondations. Cette visite fait suite à la publication, en août 2025, d’un rapport intitulé « En attendant Dieu : Déplacements dus aux inondations et à la réinstallation planifiée de pêcheurs à Saint-Louis, au Sénégal », qui documente le sort des familles déplacées par les inondations côtières de 2015 et 2016 et qui vivent toujours dans des conditions qui violent systématiquement leurs droits.

Selon Human Rights Watch, les familles déplacées par les inondations de la péninsule de la Langue de Barbarie ont été relogées à Khar Yalla, un site que les autorités sénégalaises ont accordé comme impropre à une habitation permanente. Dix ans plus tard, souligne-t-elle, les habitants restent exclus des programmes de relogement liés au climat, ce qui constitue une violation de leurs droits économiques, sociaux et culturels.

L’organisation de défense des droits humains estime que le gouvernement sénégalais devrait tirer les leçons de ce précédent, les inondations côtières étant appelées à se produire plus fréquemment avec l’accélération du changement climatique.

Human Rights Watch demande aux autorités sénégalaises de trouver de toute urgence une solution durable pour la communauté de Khar Yalla. Elles devraient également, dit-elle, adopter une politique nationale garantissant notamment que les communautés déplacées à l’avenir pour des raisons climatiques bénéficient d’un soutien adéquat, par le biais d’une réinstallation planifiée respectueuse de leurs droits.

Human Rights Watch estime par ailleurs que les principales victimes d’une dégradation de l’environnement sont souvent des communautés pauvres et marginales qui n’ont guère de possibilités de participer effectivement aux prises de décision et au débat public sur les questions environnementales, et ont un accès limité à des tribunaux indépendants afin d’obtenir que des comptes soient rendus et des réparations.

Non sans rappeler que depuis neuf ans, à Khar Yalla, les autorités ont abandonné de fait les familles sénégalaises déplacées à l’intérieur du pays par les inondations côtières depuis la péninsule de la Langue de Barbarie, violant ainsi leurs droits à un niveau de vie suffisant, à l’éducation, à la santé et de prendre part librement à la vie culturelle.

Selon l’organisation de défense des droits humains, les autorités sénégalaises n’ont pas inclus ces familles dans un projet de réinstallation planifiée, financé par la Banque mondiale, pour d’autres familles des mêmes communautés touchées par les inondations côtières. Elle soutient en définitive que le Sénégal devrait relocaliser d’urgence les familles de Khar Yalla vers un site où leurs droits pourront être respectés, améliorant leurs conditions de vie dans l’intervalle, et élaborer une politique nationale visant à garantir les droits lors de futures réinstallations planifiées liées au climat.

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