Société, Culture

Paris chiffre les pertes russes en Ukraine et pointe la disparition de ce dernier allié stratégique de Poutine

À l’occasion du sommet ministériel du G7, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a livré une analyse stricte de la position russe dans le conflit ukrainien. Face à ses homologues, le ministre a détaillé les difficultés militaires, économiques et diplomatiques de Moscou, tout en annonçant une série d’initiatives internationales pour les mois à venir.

Lors d’une conférence de presse, dont les propositions ont été relayées par l’agence Anadolu, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a affirmé que la Russie se trouve en situation d’échec face à la résistance ukrainienne. Sur le plan militaire, Jean-Noël Barrot a avancé le chiffre de plus d’un million de pertes humaines du côté russe, une estimation qu’il a comparé au bilan cumulé des conflits depuis la Seconde Guerre mondiale. Il a précisé que plus de mille soldats russes perdent la vie quotidienne sur le front, remarquable par ailleurs que les forces ukrainiennes ont récemment repris plus de territoires qu’elles n’en ont concédé.

L’économie russe a également été décrite comme structurellement affaiblie. Selon les observations partagées par le G7, le secteur civil non militaire est asphyxié et les ressources budgétaires s’épuisent. Le ministre anticipe une entrée en récession de la Russie dans le courant de l’année, bien qu’il ait nuancé ce constat par l’effet modérateur de la hausse des prix des hydrocarbures.

Sur le plan diplomatique, l’isolement de Moscou s’accentue. Jean-Noël Barrot a évoqué un échec stratégique marqué par la perte de soutiens internationaux. Il a notamment déclaré qu’après Bachar al-Assad et Nicolas Maduro, la disparition de l’ayatollah Khamenei fait perdre à Vladimir Poutine celui qui constituait peut-être son dernier allié. Face à cette situation, le G7 maintient son unité autour de Kiev, appuyé par un prêt de 90 milliards d’euros pour la stabilité financière de l’Ukraine et la formation d’une coalition d’une trentaine de pays pour garantir la sécurité post-conflit.

Les discussions du G7 se sont également élargies à d’autres zones de tensions. Le ministre a réitéré l’urgence d’un accès humanitaire et d’un cessez-le-feu à Gaza, tout en alertant sur la crise humanitaire au Soudan et l’instabilité en Haïti. Concernant le Liban, il a insisté sur la nécessité absolue de préserver la souveraineté et les institutions du pays face à la conjoncture régionale. Pour faire face à ces crises transnationales, plusieurs rencontres internationales ont été annoncées, dont la conférence « No Money for Terror » prévue le 19 mai à Paris, ainsi que des sommets dédiés à la lutte contre le trafic de Captagon et à la sécurité dans les Caraïbes en juillet.

Enfin, le représentant français a vivement répliqué aux récentes déclarations de son homologue russe, Sergueï Lavrov. Réfutant l’idée que Moscou défend le droit international, il a rappelé les crimes de guerre documentés à Boutcha et Marioupol. Il a également rejeté les accusations russes concernant la liberté de la presse en Europe, s’opposant à l’existence de 20 000 médias d’information sur le continent européen à la répression des médias indépendants en Russie.

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