Babacar Gaye minimise le refus de l’UA et maintient le cap pour Macky Sall

La réaction ne s’est pas fait attendre. Après le refus d’une vingtaine de pays de l’Union africaine de soutenir potentiellement la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU, Babacar Gaye, initiateur de la Convergence citoyenne, se veut catégorique. Ce revers n’aura « aucune incidence » sur la suite du processus, assure-t-il, tout en mettant sur un retour.
« Aucun franchement. L’Union africaine n’est pas un organe qui peut présenter un candidat à un poste international. Ce sont les États membres de l’ONU qui le font », tranche-t-il vendredi soir sur la Rfm.
Une décision « non déterminante »
Pour Babacar Gaye, l’absence de consensus africain relève davantage d’un désaccord procédural que d’un rejet de fond.
« Une vingtaine d’États n’ont pas approuvé la procédure de consensus, mais cela ne signifie pas qu’ils sont contre la candidature », explique-t-il, évoquant des « malentendus » autour du mécanisme de désignation.
Il insiste sur le caractère non définitif de la situation, rappelant que certains pays, comme le Libéria ou l’Égypte, auraient déjà revu leur position.
« Les discussions se poursuivent. Il se pourrait même que le président Macky Sall obtienne, à terme, les deux niveaux nécessaires », avance-t-il, misant sur une « évolution favorable ».
Critiques contre Dakar
Babacar Gaye n’épargne pas les autorités sénégalaises, qu’il accuse d’avoir manqué de clarté et de leadership dans ce dossier.
« Le gouvernement du Sénégal s’est dérobé de ses responsabilités. Il n’a ni soutenu ni rejeté clairement la candidature », déplore-t-il.
Selon lui, l’argument officiel, un manque d’association à la démarche, « ne tient pas », affirmant que Macky Sall avait bien informé les autorités en amont.
« On aurait pu faire mieux. Pour l’intérêt du pays et de l’Afrique, il fallait prendre une position forte », insiste-t-il.
Des divisions régionales
L’ancien député évoque également des lignes de fracture géopolitiques au sein du continent.
« Ce sont surtout certains pays d’Afrique australe qui ont exprimé des réserves, comme l’Afrique du Sud ou l’Algérie. Mais là encore, il s’agit plus de considérations politiques que d’un rejet du candidat », analyse-t-il.
Il note toutefois que « la majorité africaine soutient Macky Sall », même en l’absence d’une résolution formelle de l’Union africaine.
Appel à un consensus africain
Au-delà des divergences, Babacar Gaye plaide pour une mobilisation continentale derrière une candidature qu’il juge stratégique.
« L’essentiel, c’est que l’Afrique parle d’une seule voix. Macky Sall est aujourd’hui le seul candidat africain avec une envergure internationale reconnue », soutient-il.
Il insiste également sur le caractère symbolique du soutien de l’Union africaine. « Ce soutien n’est pas déterminant, mais il est essentiel sur le plan politique et diplomatique. »
Optimisme affiché
Malgré les incertitudes, Babacar Gaye affiche sa confiance dans l’issue du processus.
« Rien n’empêche Macky Sall d’être candidat. Il bénéficie déjà de soutiens importants, notamment dans le monde arabe, en Europe et auprès de grandes puissances », affirme-t-il.
Et d’ajouter, résolution offensif. « Il faut foncer. Le peuple sénégalais, lui, est derrière cette candidature. »



