Société, Culture

la riposte législative radicale préparée à Téhéran après les raids sur ses sites stratégiques

Face à l’intensification des bombardements américains et israéliens sur ses infrastructures civiles et industrielles, Téhéran envisage une réplique politique majeure. Les parlementaires iraniens accélèrent les procédures pour agir une rupture définitive concernant certains de leurs engagements internationaux.

Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, des élus iraniens progressent pour un retrait pur et simple du pays du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Ebrahim Rezaei, porte-parole de la commission de sécurité nationale du parlement, a déclaré que le maintien dans ce traité n’avait « aucun bénéfice » pour l’Iran. Une proposition de loi prioritaire a été soumise sur le portail parlementaire. Si elle est adoptée, cette législation révoquera également les restrictions liées à l’accord de 2015 et favorisera de nouveaux traités avec des pays alliés, notamment au sein des BRICS ou de l’Organisation de coopération de Shanghai. Le texte devra toutefois obtenir l’aval du Conseil des gardiens de la Constitution avant toute application.

Cette initiative législative intervient dans un contexte de pilonnage intensif. Les forces américaines et israéliennes ont ciblé de multiples sites stratégiques. Des avions de combat ont bombardé une installation de concentration d’uranium (Yellowcake) à Yazd et le complexe d’eau lourde de Khondab, tandis qu’au moins trois projectiles sont tombés près de la centrale nucléaire de Bouchehr. L’économie iranienne est également touchée en plein cœur : les géants de l’acier Mobarakeh (Ispahan) et Khouzestan (Ahvaz) ont subi de lourdes frappes, forçant la suspension de leur production. Ces raids s’inscrivent dans une série d’offensives qui ont déjà visé des complexes civils ces dernières semaines.

Ces bombardements surviennent alors que Donald Trump avait annoncé à deux reprises reporter des attaques destructrices contre les centrales électriques iraniennes jusqu’au 6 avril, affirmant par ailleurs que des négociations avec l’Iran étaient en cours, malgré des positions très éloignées entre les deux camps.

Parallèlement aux opérations militaires, les tensions diplomatiques s’exacerbent avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Mohammad Mohkber, ancien premier vice-président, qualifié le directeur de l’AIEA, Rafael Grossi, de « complice » des attaques contre les sites nucléaires iraniens. Les autorités de Téhéran accusent l’organe onusien d’adopter une posture politisée et d’encourager ces frappes, des allégations rejetées par l’AIEA. De son côté, Rafael Grossi avait récemment affirmé sur la chaîne américaine CBS qu’aucune guerre ne pouvait détruire totalement le programme nucléaire iranien, à moins d’un conflit nucléaire absolu.

Sur le plan intérieur, ces événements se déroulent à huis clos. Notre rédaction note, à la lecture du rapport d’Al Jazeera, que l’Iran subit une coupure quasi totale d’Internet depuis un mois. Seul un intranet national reste fonctionnel, limitant drastiquement la circulation de l’information vers l’extérieur. Les forces de l’ordre sont massivement déployées dans les rues. Les médias d’État diffusent par ailleurs des vidéos de « confessions », dont celle d’une jeune fille arrêtée pour avoir filmé et transmis à des médias étrangers les images des frappes nocturnes ayant notamment touché l’Université des sciences et technologies d’Iran à Téhéran.

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