Société, Culture

une force régionale sorte de sa réserve et lance ses premières attaques directes contre Israël

Depuis un mois, les affrontements entre les forces américano-israéliennes et l’Iran redessinent la carte sécuritaire du Moyen-Orient. Alors que les opérations militaires s’intensifient sur de multiples fronts, le conflit vient de franchir un nouveau palier avec l’implication directe d’une force armée qui s’était jusqu’ici tenue à l’écart de cette séquence précise de la guerre.

Les rebelles houthis du Yémen ont mené leurs premières offensives contre Israël depuis le début de la campagne de frappes visant l’Iran. Dans l’espace de moins de 24 heures, le groupe qui contrôle une grande partie du nord du Yémen a lancé deux attaques par missiles et drones. L’armée israélienne a déclaré avoir intercepté ces tirs. De leur côté, les Houthis ont justifié ces opérations par leur volonté de soutenir les fronts en Palestine, au Liban, en Irak et en Iran.

Cette implication intervient dans un contexte de forte pression sur les voies maritimes. Téhéran a récemment restreint le trafic dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial. Selon la chaîne Al Jazeera, cette situation ravive les inquiétudes quant à une éventuelle perturbation du trafic en mer Rouge par le groupe yéménite, notamment au niveau du détroit de Bab el-Mandeb.

Sur le plan militaire et diplomatique, la stratégie américaine s’adapte. Le secrétaire d’État Marco Rubio a indiqué que Washington prévoyait de conclure ses opérations contre l’Iran d’ici quelques semaines. Parallèlement, un nouveau déploiement de Marines américains est arrivé dans la région, une manœuvre destinée à offrir au président Donald Trump une marge de manœuvre maximale. Ce dernier a d’ailleurs prolongé de dix jours l’ultimatum fixé à Téhéran concernant la réouverture totale du détroit d’Ormuz, menaçant de cibler les infrastructures énergétiques iraniennes en cas de refus.

Les bombardements se sont poursuivis ces dernières 24 heures. L’armée israélienne affirme avoir frappé un centre de recherche iranien dédié à l’armement naval. Des médias iraniens font état de la mort d’au moins cinq personnes lors d’une frappe sur un complexe résidentiel à Zanjan, dans le nord-ouest du pays. À Téhéran, l’Université des sciences et technologies a été touchée, poussant les Gardiens de la Révolution à proférer des menaces directes contre les établissements universitaires américains et israéliens de la région. Le ministère iranien de la Santé dresse un bilan provisoire de 1 937 morts, dont 230 enfants, depuis le début du conflit, avec plus de 93 000 propriétés civiles endommagées.

Le front libanais reste également actif. Les troupes israéliennes ont continué leur progression dans le sud du pays en direction du fleuve Litani. Le ministère libanais de la Santé rapporte 1 189 décès liés aux frappes israéliennes depuis le 2 mars. Parmi les victimes récentes figurent trois journalistes et neuf secouristes. En réponse, le Hezbollah a revendiqué des dizaines d’opérations contre les forces israéliennes au cours des dernières 24 heures.

Face à cette escalade, des canaux diplomatiques tentent de s’organiser. Le Pakistan, qui agit comme intermédiaire entre les responsables américains et iraniens, doit accueillir à Islamabad des pourparlers réunissant les ministres des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite, de la Turquie et de l’Égypte. Lors d’un échange avec son homologue iranien Abbas Araghchi, le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a plaidé pour la fin des hostilités. Il a par ailleurs annoncé que l’Iran avait accepté d’autoriser le transit de 20 navires battant pavillon pakistanais par le détroit d’Ormuz.

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