la priorité absolue fixée par la France face au blocus iranien

L’escalade des violences au Moyen-Orient pousse les diplomaties occidentales à clarifier leurs positions face aux récents développements militaires. Alors que les tensions s’intensifient entre l’Iran, Israël et le Liban, le ministère français des Affaires étrangères a défini de nouvelles priorités, ciblant particulièrement les entrailles du commerce mondial et de la protection des civils.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, s’est exprimé ce dimanche sur la situation sécuritaire dans la région. Lors d’une intervention sur la chaîne France 3, il a procédé au déblocage du détroit d’Ormuz en « nécessité », affirmant que cette question devait être traitée en priorité. « Les eaux internationales sont un bien commun, elles ne doivent jamais être entravées », a-t-il souligné, insistant sur le respect strict de la liberté de navigation.
Le ministre a tenu à préciser la posture de Paris dans cette crise. La France, at-il assuré, « ne participe pas à cette guerre » et maintient son attachement au droit international. Il a également affirmé que le gouvernement français n’affichait « aucune complaisance » à l’égard du régime iranien, renvoyant la responsabilité des objectifs du conflit aux acteurs qui le conduisent sur le terrain.
Cette déclaration intervient dans un climat régional particulièrement volatil. À la suite de frappes conjointes menées par les États-Unis et Israël le 28 février contre l’Iran — des attaques ayant causé la mort de plus de 1 340 personnes, dont l’ancien Guide suprême Ali Khamenei —, Téhéran a riposté par des salves de drones et de missiles contre Israël et plusieurs pays ouvrant des bases américaines. Dans ce prolongement, l’Iran a de facto fermé le détroit d’Ormuz à la majorité des navires. Ce corridor maritime est vital pour l’économie mondiale : il voit transiter environ 20 millions de barils de pétrole par jour, ce qui représente près de 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié.
Outre l’enjeu maritime, la diplomatie française s’est penchée sur la situation au Liban. Jean-Noël Barrot a réagi à la mort de trois journalistes libanais, dont un correspondant de la chaîne al-Manar liée au Hezbollah, tués samedi. D’après lui, s’il est prouvé que ces professionnels des médias ont été sélectionnés spécifiquement par l’armée israélienne, cet acte constituerait une « violation flagrante du droit international ». Il a rappelé que les journalistes ne doivent jamais être pris pour des cibles sur les théâtres d’opérations, y compris lorsqu’ils entretiennent des liens avec des parties au conflit.
Le patron du Quai d’Orsay a conclu en affirmant que la France déploierait tous les efforts nécessaires pour éviter un scénario de type « Gaza bis » au Liban, insistant sur l’urgence de protéger les populations civiles et de faire respecter le droit humanitaire. Selon les données communiquées samedi par le ministère libanais de la Santé, les attaques israéliennes ont fait 1 189 morts depuis le 2 mars, dont 47 au cours des seules dernières 24 heures.



