l’expertise militaire ciblée que Kyiv exporte au Moyen-Orient

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a entamé une nouvelle étape de sa tournée diplomatique au Moyen-Orient en atterrissant en Jordanie. Dans un contexte régional marqué par les tensions entre les États-Unis, Israël et l’Iran, cette visite vise à consolider les partenariats de sécurité. Derrière les annonces officielles, cette démarche s’inscrit dans une stratégie de coopération militaire bien particulière face à une menace commune.
Selon les informations relayées par Al Jazeera, le chef de l’Etat ukrainien a confirmé sa venue sur le réseau social X ce dimanche, annonçant la tenue d’une « réunion importante ». Plaçant la sécurité au sommet de ses priorités, il a souligné la nécessité pour tous les partenaires de déployer les efforts requis dans ce domaine.
L’enjeu central de ce voyage dépasse le simple cadre diplomatique. Une source officielle ukrainienne, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a révélé qu’une équipe d’experts ukrainiens est actuellement présente sur le sol jordanien. Cette délégation est spécialisée dans la lutte contre les drones, une expertise tactique que Kiev déploie désormais activement dans la région.
La Jordanie n’est pas le seul pays concerné par cette initiative. L’Ukraine a déjà conclu des accords de coopération en matière de défense avec le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Des spécialistes ukrainiens ont été dépêchés dans ces trois États pour protéger les infrastructures ciblées par des drones de conception iranienne, une technologie utilisée à la fois par Téhéran au Moyen-Orient et par Moscou sur le front européen. Ce déploiement intervient alors que la région fait face à une intensification des attaques aériennes, illustrée par les salves récemment interceptées par les Émirats arabes unis.
Pour l’Ukraine, engagée dans un conflit de grande ampleur avec la Russie depuis plus de quatre ans, cette diplomatie sécuritaire répond aussi à des impératifs économiques. Le pays recherche le soutien financier des États du Golfe pour combler son déficit budgétaire et maintenir sa production nationale d’armements.
Parallèlement à ces négociations, Kyiv maintient une pression militaire sur le territoire russe. Dimanche, une frappe de drone revendiquée par l’Ukraine a provoqué un incendie dans le port russe d’Oust-Luga, sur la mer Baltique, visé pour la deuxième fois en l’espace de quelques jours. Si le gouverneur régional russe, Alexandre Drozdenko, a affirmé que la catastrophe était sous contrôle et qu’aucune victime n’avait été signalée, il a également fait état de 36 drones détruits dans la nuit dans sa région. Les autorités ukrainiennes justifient ces opérations en les qualifiant d’objectifs légitimes destinés à amputer les revenus finançant l’offensive russe.
Dans cette guerre technologique, les méthodes expérimentées par l’armée ukrainienne – combinant intercepteurs à bas prix, outils de brouillage électronique et canons anti-aériens – constituent désormais un axe privilégié de coopération avec ses partenaires du Moyen-Orient.



