et si on créait aujourd’hui le rendez-vous audiovisuel d’une génération ? (Par Cheikh Diallo)

A un peu plus de six mois des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026, nous sommes convaincus que le défi ne se limite plus à organiser un événement réussi. Il s’agit désormais de construire une expérience collective, durable et mémorable. Parce que les Jeux ont lieu. Mais ce qu’ils laissent dans l’esprit des gens reste.
L’enjeu est désormais médiatique et générationnel. Dakar 2026 représente une opportunité historique pour le Sénégal et pour l’Afrique : parler à sa jeunesse, lui donner des repères, des modèles, des histoires. Dans ce contexte, la communication ne peut être uniquement institutionnelle ou événementielle. Elle doit devenir régulière, incarnée et engageante.
D’où une proposition simple : créer un journal audiovisuel hebdomadaire dédié aux JOJ. Et on imagine le COJO DAKAR 2026 étant très bien armé pour le produire, le produire et le diffuser. Ce sera un événement identifiable, attendu, accessible à tous, diffusé sur les plateformes numériques et les médias traditionnels. Dans un format simple mais structurant, cette revue pourrait s’articuler autour de rubriques claires et pédagogiques comme, entre autres : Site de la semaine : promouvoir les infrastructures et les territoires ; L’athlète de la semaine : raconter des histoires, inspirer les jeunes ; L’histoire des JOJ : transmettre les valeurs olympiques ; L’actualité de la semaine : suivez l’avancée du projet ; Le compte à rebours : instaurer une dynamique collective ; etc.
Au-delà de l’information, l’objectif est de créer un rituel médiatique. L’importance de l’incarnation pour ces JOJ 2026 réside dans les contenus qui les matérialisent. Le contenu ne vit vraiment que s’il est incarné. Le choix d’un présentateur est donc déterminant. Un profil comme Ayo, la mascotte officielle des JOJ de DAKAR 2026, de par son énergie et sa proximité avec le public, pourrait jouer ce rôle de lien entre l’événement et la jeunesse. Car il ne s’agit pas seulement de parler des Jeux, mais de leur donner vie avant même leur ouverture.
Il faut « créer » des souvenirs avant même les Jeux. Enfant des années 80, j’ai grandi avec des programmes qui ont eu un profond impact sur mon imaginaire. Ils ont façonné mon rapport au sport (le football en particulier), à l’effort et à l’excellence. Ma mémoire choisit, parmi le lot de ces émissions cultes, la série animée « Onze pour une Coupe » avec, pour les gens de ma génération, l’inoubliable Yamatélé, qui a volé la vedette au personnage principal « Zeste l’orange » (mascotte officielle de la Coupe du monde 1982). Ces héros de la série et leurs compagnons ont déjoué les plans maléfiques du tristement célèbre Fellock et de ses clones, les méchants qui voulaient gâcher la fête promise à Madrid et dans toute l’Espagne avec le Mundial 82. C’est des années plus tard que j’ai su et compris que la série avait été produite par la télévision espagnole… pour la “gloire” de “leur” Coupe du Monde 1982. La série, de manière ludique et pédagogique, nous a permis de connaître l’histoire du football et de la Coupe du Monde à travers des images d’archives, des témoignages, des récits, des palmarès, etc. Inoubliable pour les quadragénaires et quinquagénaires d’aujourd’hui, puisque l’on venait de découvrir en images ceux qui ont fait la légende du football avant 1982. Aujourd’hui encore, leur mémoire reste intacte : « Garrincha, Pelé, Vavà et BUUUUUT ! »
Dakar 2026 a cette capacité rare de pouvoir créer ce même type d’impact, à l’échelle de toute une génération car c’est la première fois que les Jeux Olympiques auront lieu en Afrique, et qui plus est les Jeux de la Jeunesse. Au-delà de l’événement, construisons pour eux un héritage mémoriel.
Un hebdomadaire audiovisuel ne serait pas simplement un outil de communication. Ce serait un levier d’engagement citoyen, un outil de transmission de valeurs, un espace de promotion des talents africains et un dispositif de construction de la mémoire collective.
Autrement dit, un élément concret du patrimoine immatériel des Jeux. C’est donc une opportunité maintenant. A six mois de l’échéance, il est encore temps de mettre en place cette rencontre et d’en faire un succès. Car plus tôt nous commencerons à raconter l’histoire du Dakar 2026, plus son impact sera fort. L’ambition est claire : faire des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026 non seulement un succès organisationnel, mais aussi une référence en termes de communication et d’engagement en Afrique.
Et si tout commençait par une simple réunion hebdomadaire ?
Cheikh Diallo
Fondateur LA COMM&RH, Conseil en communication stratégique, réputation & marque employeur


