Elections locales en vue, Sonko sensibilise ses partisans sur le choix des candidats de Pastef

Le président de Pastef s’est rendu, samedi dernier, à Fissel, une commune du département de Mbour, où il a procédé à l’inauguration de la permanence locale de sa formation politique. À cette occasion, Ousmane Sonko a mis en garde ses partisans sur le choix des candidats appelés à représenter le parti lors des élections locales de 2027, tout en les invitant à se conformer aux décisions finales.
Les tractations sont déjà en cours dans le parti présidentiel. Les responsables se positionnent dans leurs localités à l’approche des élections locales de 2027. Mais le leader de PASTEF ne voudrait pas que cette concurrence sape les fondamentaux de sa formation et sème des divisions en son sein. En déplacement à Fissel hier, Ousmane Sonko a appelé ses responsables à la discipline dans le choix des candidats pour les prochaines élections locales. Selon lui, tout le monde ne peut pas être candidat. « Il faut arrêter les tiraillements. Le parti a déjà fixé des règles pour la désignation des candidats. Des discussions seront engagées et, en cas d’absence de consensus, ce sont les militants de base qui trancheront pour choisir le candidat idéal», at-il laissé entendre.
Le Premier ministre appelle les responsables qui ne seront pas retenus à soutenir le candidat choisi et à s’impliquer pleinement dans la campagne. Il invite également les Patriotes à travailler et à s’ouvrir à tous ceux qui souhaitent rejoindre le PASTEF, à condition qu’ils aient de bonnes mœurs politiques.
Selon lui, il est nécessaire de créer une grande machine politique, un rouleau compresseur, de sorte que même des adversaires politiques réunis ne puissent pas rivaliser avec leur appareil électoral.
Par ailleurs, Sonko annonce une série de grands rassemblements que son parti compte organisateur dans les prochaines semaines, aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger. Il a ainsi annoncé la tenue d’un meeting de la diaspora à Paris le 19 avril prochain, avant d’évoquer un grand rassemblement à Mbacké, fief religieux et politique de premier plan. Ces deux rendez-vous s’inscrivent, selon le leader de PASTEF, dans une mobilisation nationale plus large.
L’objectif affiché est de démontrer la vitalité et l’ancrage territorial de PASTEF. «Le parti doit démontrer sa force et sa capacité à maintenir le cap pour les 50 prochaines années», at-il indiqué.
Par ailleurs, le Premier ministre a annoncé hier plusieurs projets prévus à la localité de Fissel, en réponse aux doléances exprimées par les populations. Ces initiatives, selon lui, s’inscrivent dans une volonté de développement local et d’amélioration des conditions de vie des habitants. Sonko sur le projet AAE/POWER : « Si nous étions coupables de quelque chose, je serai le premier à le dénoncer publiquement »
Parlant des projets d’électrification rurale lancés par l’Agence sénégalaise de l’électrification rurale (ASER) à Fissel, le Premier ministre a informé hier que 35 villages seront bientôt électrifiés dans la zone.
Ousmane Sonko soutient d’ailleurs ne pas comprendre la méchanceté de certains dirigeants politiques notamment Thierno Alassane Sall qui, depuis deux ans, tente de bloquer le projet AAE POWER/ASER. Ce projet vise en effet à alimenter en électricité 1 740 localités. D’un coût de 91,8 milliards de F CFA, il est actuellement au cœur d’une vive polémique judiciaire et financière concernant l’utilisation des fonds, des retards d’exécution et des différends sur l’attribution du marché.
Et le député Thierno Alassane Sall ne cesse de poser le débat et de charger le régime dans cette affaire. Mais, le chef du gouvernement assure que le Directeur général de l’ASER, Jean Michelle Sène fera un point de presse ce lundi ou mardi pour tirer les choses au clair. “Si nous étions coupables de quelque chose, je serai le premier à le dénoncer publiquement. Nous sommes dans une gouvernance transparente et vertueuse”, a-t-il affirmé.
En outre, il estime que le mandat en cours est un mandat de transition, de réformes et de redressement. « Nous ne sommes pas venus au pouvoir pour faire une alternance, mais pour proposer une alternative », dit-il. Avant d’appeler à un changement systémique apporté par de profondes réformes institutionnelles et la construction d’une autre République. «Nous n’avons pas encore réussi cette transformation, mais nous sommes sur la bonne voie», souligne-t-il.
Ousmane Sonko est revenu en définitif sur la nécessité de transparence et d’information à l’endroit des citoyens. Il estime que les criminels financiers doivent impérativement être traduits en justice. “Il faut qu’ils répondent de leurs actes. C’est seulement ainsi qu’on pourra régler les choses”, at-il martelé.



