Filière rizicole, Mise en place du Chapitre national de l’Observatoire de la CEDEAO

Le Sénégal a procédé à la mise en place du Chapitre national de l’Observatoire de la CEDEAO sur le Riz, en abrégé ERO dans le mais de promouvoir une production locale, à la fois compétitive et durable. Cette nouvelle instance se présente comme une plateforme stratégique de coordination destinée à renforcer la gouvernance du secteur rizicole, à consolider le dialogue entre les acteurs publics et privés, à mieux orienter les politiques publiques ainsi que les investissements et à améliorer la transparence des marchés.
Portée par le gouvernement du Sénégal, en collaboration avec la CEDEAO, cette initiative a franchi une étape supérieure dans la structuration et la gouvernance de la filière rizicole avec la mise en place du Chapitre national de l’Observatoire de la CEDEAO sur le Riz (ERO).
Elle intervient dans un contexte régional marqué par une forte dépendance aux importations de riz en Afrique de l’Ouest. Issu d’un processus consultatif inclusif, le Chapitre national de l’ERO fédère l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur rizicole. Il regroupe les administrations publiques, les acteurs du secteur privé, les organisations de producteurs, les institutions de recherche, les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers. Cette diversité traduite une volonté affirmée d’inscrire la gouvernance du secteur, dans une dynamique participative et concertée, apte à répondre aux enjeux complexes de la filière. Les travaux ayant conduit à sa mise en place ont permis d’aboutir à plusieurs avancées.
Une cartographie détaillée des parties a été validée afin de mieux identifier les rôles et responsabilités de chacun. Une vision commune ainsi qu’un mandat ont été partagés pour assurer la cohérence des interventions. Un cadre de gouvernance inclusif et multi-acteurs a été adopté, accompagné de la mise en place d’organes dédiés.
Par ailleurs, une feuille de route opérationnelle a été élaborée pour guider les actions à court et moyen termes, pour l’opérationnalisation du Chapitre national. Il constitue une plateforme stratégique de coordination qui vise à améliorer la gouvernance du secteur, à faciliter le dialogue entre les acteurs publics et privés, à orienter de manière cohérente les politiques ainsi que les investissements, et à renforcer la transparence des marchés.
Cette initiative nationale s’inscrit dans l’élan impulsé au niveau régional par la Commission de la CEDEAO, notamment à travers l’Offensive riz lancée en 2014 et son plan d’action couvrant la période 2020-202, prolongé par une feuille de route régionale pour 2025-2035. L’ensemble de ces instruments a pour mais d’atteindre l’autosuffisance en riz en Afrique de l’Ouest grâce à une meilleure coordination des politiques agricoles, des investissements et des systèmes d’information sur les marchés. Les sénégalaises insistent sur la dimension stratégique du riz, dont la consommation s’est largement diffusée au sein de toutes les couches sociales.
Dr Alpha Ba, Secrétaire d’État à l’Encadrement paysan, a ainsi déclaré que « la consommation du riz s’est généralisée dans toutes les couches de la société, faisant de cette céréale un enjeu de sécurité nationale. Son développement ne peut être envisagé de manière sectorielle : il exige une approche holistique, multisectorielle et inclusive.
Le Chapitre national de l’ERO constituera une plateforme essentielle d’échanges, de propositions et d’actions pour accompagner durablement la transformation de la filière », a indiqué le Dr Alpha BA, Secrétaire d’État à l’Encadrement paysan. De son côté, le représentant de l’Observatoire de la CEDEAO sur le Riz, le Dr Abdoul Karim Sanou, a souligné la grande portée de l’initiative. « Le riz est une denrée stratégique en Afrique de l’Ouest. À travers l’ERO, il s’agit de combiner les investissements, d’aligner les politiques et de faciliter l’accès au financement. La mise en place du Chapitre national permettra de structurer le secteur au Sénégal tout en assurant une meilleure articulation avec les dynamiques régionales », at-il laissé entendre.
Ainsi conçu, le Chapitre national de l’ERO se positionne ainsi comme un instrument central de gouvernance de la filière rizicole. Il ambitionne d’améliorer la transparence des marchés, de renforcer le dialogue public-privé, d’appuyer la prise de décision sur des données fiables et de favoriser l’émergence d’investissements dans la production, de la transformation et la commercialisation du riz local.
À travers cette initiative, le Sénégal réaffirme sa volonté d’accélérer la transformation de sa filière rizicole. Le pays entend lever les contraintes structurelles qui freinent encore sa compétitivité et contribuer activement aux objectifs régionaux d’autosuffisance en riz, tout en consolidant les bases d’une souveraineté alimentaire.



