Société, Culture

L’Ukraine charge les émissaires américains de transmettre à la Russie une offre de trêve aux conditions bien précises

Les pourparlers de paix entre Kiev et Moscou se trouvent actuellement dans une impasse diplomatique. Face à ce blocage, les autorités ukrainiennes tentent d’ouvrir un nouveau canal de discussion en s’appuyant sur Washington pour formuler une proposition de cessation temporaire des hostilités.

Lors d’une intervention en marge des commémorations du quatrième anniversaire du massacre de Boutcha ce mardi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé son intention de solliciter les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner. Selon la chaîne Al Jazeera, le chef d’État prévoit de leur confier, lors d’échanges en ligne prévus mercredi, la transmission d’une offre de « trêve de Pâques » destinée à la Russie. Cette proposition vise spécifiquement l’arrêt mutuel des frappes sur les infrastructures énergétiques.

« Je leur demanderai certainement de la transmettre à la partie russe », a déclaré Volodymyr Zelensky, affirmant être prêt à des compromis, à l’exclusion de ceux touchant à la souveraineté et à la dignité de l’Ukraine. Du côté de Moscou, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a accueilli cette annonce avec réserve. Il a souligné l’absence d’initiative formellement prise et a réitéré que la Russie attend des décisions menant à la paix définitive plutôt qu’à un simple cessez-le-feu.

Cette démarche ukrainienne intervient dans un contexte de pressions internationales. La veille, Volodymyr Zelensky avait indiqué que certains alliés de Kiev avaient envoyé des signaux suggérant une réduction des frappes à longue portée sur le secteur pétrolier russe. Ces attaques ukrainiennes visaient à priver Moscou des bénéfices liés à la hausse des cours mondiaux du brut, une flambée des prix accentués par la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran. L’Ukraine se dit désormais prête à une réciprocité si la Russie cesse de cibler son réseau électrique.

Sur le plan diplomatique, le soutien européen s’est manifesté mardi par la visite à Kiev de Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, accompagnée de plusieurs ministres des Affaires étrangères, dont ceux de l’Allemagne, de la Pologne et de l’Italie. Cette présence vise à réaffirmer l’appui de l’UE, alors que la Hongrie a récemment bloqué un prêt de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine. Parallèlement, le secrétaire du Conseil de sécurité ukrainien, Roustem Oumerov, se trouve en Turquie pour des discussions dont les détails n’ont pas été communiqués.

Les précédentes tentatives de négociation, comprenant trois sessions trilatérales organisées aux Émirats arabes unis et en Suisse cette année, n’ont pas permis de percée, notamment sur la question territoriale. La Russie exige la cession d’une cinquième de la région du Donbass, une condition fermement rejetée par l’Ukraine car contraire à sa constitution. Alors que Moscou a affirmé aux États-Unis pouvoir conquérir le reste de cette région industrielle en deux mois, avant les élections de mi-mandat américain, Kiev estime pouvoir défendre ses positions pendant des années grâce à son réseau de drones et à ses lignes fortifiées.

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