Mathilde Panot dénonce un « chantage odieux » pour imposer l’examen anticipé de la loi Yadan

Dans le paysage politique français, les tensions s’accentuent autour du projet de loi dit « Yadan ». La présidente du groupe La France Insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a accusé mercredi le camp présidentiel de vouloir précipiter l’examen de ce texte dont l’objectif affiché est de réprimer les nouvelles formes d’antisémitisme et d’antisionisme.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le chef des députés insoumis a publié tôt mercredi une communication sur le réseau social. Cette modification du calendrier dépendrait de l’adoption par l’Assemblée d’une motion de rejet concernant un tout autre dossier législatif, relatif à la Nouvelle-Calédonie.
S’appuyant sur un mail interne envoyé par l’auteure du texte, la députée majoritaire Caroline Yadan, à ses collègues, Mathilde Panot a dénoncé un « chantage odieux ». Le leader de gauche accuse le gouvernement de vouloir utiliser ce dispositif pour criminaliser les voix en faveur de la paix et faire taire les critiques de la politique israélienne.
Adopté en commission des lois le 20 janvier 2026, le projet de loi prévoit un durcissement de l’arsenal juridique français. Il propose d’élargir le délit d’apologie du terrorisme, d’interdire certains slogans utilisés lors des mobilisations pro-palestiniennes, comme « Du fleuve à la mer », et de créer un nouveau délit pénalisant la négation de l’existence ou de la légitimité d’un État.
Face à ce texte, une pétition circule actuellement, détaillant les arguments de l’opposition et d’une partie de la société civile. Les signataires exhortent les députés à voter contre le projet de loi, estimant qu’il confond haine des Juifs et critique de la politique de l’État d’Israël. Ils pointent du doigt une menace à la liberté d’expression exposant militants, journalistes et chercheurs à des sanctions pénales, une adhésion implicite à la colonisation israélienne et une approche jugée contre-productive. Assimiler la communauté juive à la politique de Benjamin Netanyahu serait, selon eux, préjudiciable à la véritable lutte contre l’antisémitisme.
Plusieurs organisations de défense des libertés publiques, dont la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et la Cimade, alertent également sur un texte qu’elles qualifient de flou et potentiellement liberticide.
De son côté, l’exécutif maintient son ferme soutien à cette initiative. Lors du récent dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé la volonté du gouvernement d’inscrire le texte à l’ordre du jour parlementaire d’avril. Le gouvernement, comme les instances représentatives juives, souligne la nécessité d’une réponse pénale à la multiplication des actes antisémites en France, estimés à 1.320 pour l’année 2025 par le Crif.


