Trois jours pour contempler le mystère de la foi

Le Triduum pascal est la période de trois jours la plus importante de l’année liturgique chrétienne, retraçant les derniers instants du Christ à savoir sa Passion, sa mort et sa résurrection. Cette période s’étend de la messe du soir du Jeudi saint au dimanche de Pâques inclus, marquant le passage de la mort à la vie. Durant ces trois jours, l’Eglise invite les croyants à contempler le Mystère de la Foi.
QU’EST-CE QUE LE TRIDUUM PASCAL ?
Du Jeudi saint jusqu’au dimanche de Pâques, le Triduum pascal célèbre le Mystère de la Foi pour les chrétiens : la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Le mot Triduum vient du latin tres et dies, « trois jours ». Il désigne cette période qui médite l’ultime repas de Jésus avec les apôtres, son arrestation, sa mise en croix et sa Résurrection. Cette durée, qui s’étend de la messe du soir du Jeudi saint jusqu’au dimanche de Pâques, est considérée comme le centre de gravité de l’année liturgique.
QU’EST-CE QUE LE JEUDI SAINT ?
C’est le top départ de la grande célébration du mystère pascal. Le Jeudi saint, les chrétiens font mémoire du lavement des pieds de Jésus à ses disciples puis de la Dernière Cène. Durant la soirée, les fidèles se réunissent pour une messe qui commémore l’ultime repas du Christ. C’est lors de ce repas, qu’il leur annonce le don sacrificiel de sa vie par amour et pour le Salut des Hommes. Chez les évangélistes Luc, Matthieu et Marc, ce don s’exprime par l’institution de l’Eucharistie avec le partage, par Jésus, du pain et du vin, symbole de son corps et de son sang. Alors que chez l’évangéliste Jean, ce don s’exprime plutôt par le geste du lavement des pieds. Le Christ y devient serviteur pour mieux dévoiler son testament spirituel aux apôtres (Jean 13,15). Dieu au travers de son Fils se fait faible et vulnérable pour accompagner les chrétiens et leur venir en aide. Après la célébration eucharistique, l’hostie est transportée sur un « reposoir », un support en forme d’autel sur lequel on dépose le Saint Sacrement. Les fidèles peuvent alors se recueillir pour méditer l’agonie de Jésus à Gethsémani.
QU’EST-CE QUE LE VENDREDI SAINT, JOUR DE LA PASSION DU CHRIST ?
Le Vendredi saint est traditionnellement le jour du décès de Jésus sur la Croix au Golgotha (Jérusalem), puis de sa mise au tombeau. L’Église est en deuil et exprime sa tristesse par un silence quasi intégral durant les célébrations. À 15 h, les croyants sont appelés à pérégriner au travers du Chemin de Croix et de ses 14 stations (de la condamnation du Christ à sa mort). Exceptionnellement, il n’y a pas de messe ce jour-là mais une liturgie de la parole accompagnée d’une vénération de la Croix qui s’achève par la communion. Par tradition, les fidèles jeûnent et s’abstiennent de viande ce jour-ci. Le Vendredi saint est « un amour qui s’étend à toute époque et à tout lieu : une source inépuisable de Salut à laquelle chacun de nous, pécheurs, peut puiser ».
À QUOI SERT LE SAMEDI SAINT, JOUR DU GRAND SILENCE ?
Jour de veillée, d’attente et de profond silence, le Samedi saint permet à tous de contempler Jésus au tombeau et sa descente aux enfers. Par un « repos » plus ou moins relatif, l’Église n’y voit pas un jour de « vide ». Bien qu’étant le seul jour de l’année liturgique à ne pas avoir de célébrations communes (messe, baptême, mariage, enterrement et communion), les chrétiens se joignent à la Vierge Marie dans sa douleur de mère endeuillée. Elle, qui garda la foi dans l’espérance de la résurrection de Jésus. Marie sert, ce jour-là, de modèle de vertu et d’espoir. Tard, au coucher du soleil, la communauté chrétienne se réunit, lors d’une veillée pascale, à la lumière des bougies et flambeaux. Durant ce temps de méditation et d’oraisons, les fidèles se préparent à cette résurrection tant attendue et imminente. Le feu de l’amour divin et illumine la nuit.
QUE CÉLÉBRE-T-ON LORS DU DIMANCHE DE PAQUES ?
C’est la fête la plus importante du calendrier liturgique chrétien. Pâques célèbre la Résurrection du Christ, clé de voûte de la foi chrétienne. Tirant son origine de Pessah, la Pâque juive, qui se remémorait du passage miraculeux de la Mer Rouge par les Hébreux, dans l’Ancien Testament, la fête chrétienne de Pâques célèbre, quant à elle, un autre passage : celui de la mort à la vie de Jésus ressuscité. Par ce passage, le Christ a sauvé l’Homme du péché et l’a appelé à la vie éternelle. Étymologiquement, le mot « Pâque » signifie d’ailleurs « le passage ». Véritable jour de joie, l’Alléluia, qui n’était plus acclamé depuis le début du Carême, rétention de nouveau à la messe : le Christ a vaincu la mort, et l’humanité avec lui. Ce jour-là est marqué dans les églises par la couleur blanche ou dorée, symbole de joie. Mais aussi, les timbales des cloches qui sonnent de nouveau.



