Société, Culture

Londres réunit 40 pays pour rouvrir le détroit, une coalition marquée par une défection majeure

Le blocus de fait imposé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz continue de paralyser une artère vitale du commerce mondial, propulsant le baril de pétrole au-delà des 100 dollars. Face à cette crise énergétique qui frappe particulièrement l’Asie et l’Europe, une vaste initiative diplomatique et militaire se met en place. Toutefois, la configuration de cette nouvelle alliance redessine les équilibres géopolitiques habituels de la région.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le Royaume-Uni a pris la tête de pourparlers virtuels réunissant une quarantaine de pays. L’objectif de ces discussions, présidées par la ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper, est d’élaborer une stratégie commune pour rouvrir cette voie navigable par laquelle transitent habituellement 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié (GNL).

Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a précisé que la coalition rassemble des nations prêtes à contribuer aux efforts de sécurisation du passage. Parmi les participants figurent l’Australie, le Canada, les Émirats arabes unis, ainsi que plusieurs pays européens, dont les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie et la France, qui s’inscrivent dans la priorité absolue fixée face au blocus iranien.

L’élément marquant de cette mobilisation reste l’absence des États-Unis. Le président américain Donald Trump a refusé d’engager son pays dans cette opération. S’adressant aux nations européennes sur son réseau Truth Social, il a déclaré qu’il ne leur incombait pas d’intervenir, leur intimant d’aller chercher leur propre pétrole. Il a également reproché à ses alliés, notamment le Royaume-Uni, de refuser de s’impliquer dans une confrontation directe avec l’Iran.

Sur le terrain, la situation s’enlise depuis que Téhéran a fermé le détroit à la navigation commerciale, en réponse aux frappes menées par les États-Unis et Israël le 28 février. Les conséquences économiques sont immédiates : une hausse d’environ 40 % des prix du pétrole avant-guerre, poussant des pays comme la Malaisie à rationner le carburant et à imposer le télétravail à ses fonctionnaires.

Le plan britannique prévoit l’évaluation de mesures diplomatiques, le déminage de la zone maritime, et une seconde phase axée sur la protection militaire des pétroliers. Cependant, l’Iran conditionne tout cessez-le-feu à la reconnaissance internationale de son autorité sur le détroit d’Ormuz. Actuellement, seuls les navires de pays jugés « amis » (Inde, Pakistan, Malaisie, Chine) sont autorisés à passer. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a même commencé à exploiter un système de péage pour contrôler le trafic.

Des analystes concentrés par Al Jazeera soulignent la complexité de l’opération. Si le Royaume-Uni démontre sa capacité à fédérer ses alliés européens et à maintenir une pression diplomatique, l’ouverture du détroit par la force nécessiterait idéalement une coopération étroite entre les forces européennes et américaines, un scénario actuellement écarté par l’administration Trump.

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