L’ONU dénonce le meurtre « brutal » de Vigario Luis Balanta, militant de la société civile

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme a exprimé jeudi sa vive indignation après la mort de Vigario Luis Balanta, un militant de la société civile retrouvé mort mardi en Guinée-Bissau. Considéré comme une voix critique du pouvoir en place, son décès intervient dans un contexte politique particulièrement tendu.
Dans un communiqué, le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, Seif Magango, s’est dit « choqué » par ce qu’il a qualifié de « meurtre brutal ». Selon lui, le militant aurait été « apparemment battu à mort ». Il a appelé les autorités bissau-guinéennes à ouvrir « de toute urgence » une enquête « approfondie et impartiale » afin de faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame.
La mort de Vigario Luis Balanta, coordinateur du mouvement Po di Terra, a été annoncée mercredi par la Ligue bissau-guinéenne des droits de l’Homme, qui a évoqué un « assassinat ». Le corps du militant a été découvert mardi dans les rizières de Ndam Lero, situées à une trentaine de kilomètres de la capitale Bissau.
Selon des témoignages rapportés, le corps présentait de multiples blessures, notamment des traces d’armes blanches ainsi que des impacts de balles à la tête. Ces éléments renforcent les soupçons d’un acte violent ciblé, bien que les circonstances exactes restent à établir par l’enquête.
Un climat de répression prononcé par l’ONU
Le Haut-Commissariat de l’ONU a également remplacé cette affaire dans un contexte plus large de dégradation des libertés publiques en Guinée-Bissau. Selon Seif Magango, la mort du militant « intervient dans un contexte de réduction progressive de l’espace civique et démocratique », une tendance qui se serait accentuée depuis le coup d’État de novembre 2025.
L’organisation onusienne évoque une série d’atteintes aux droits fondamentaux : des membres de l’opposition et des défenseurs des droits humains auraient été « arbitrairement détenus, agressés, harcelés et intimidés ». Des manifestations ont également été dispersées, tandis que certaines stations de radio ont été suspendues. Face à cette situation, le Haut-Commissariat a exhorté les autorités à « faire cesser immédiatement » ces pratiques et à garantir le respect des droits fondamentaux.
La Guinée-Bissau est dirigée par des militaires depuis le 26 novembre 2025, date à laquelle un coup d’État a renversé le président sortant Umaro Sissoco Embalo, à la veille de l’annonce des résultats provisoires des élections présidentielles et législatives. Le processus électoral avait alors été suspendu. Le chef de la junte, Horta N’Tam, a annoncé la tenue de nouvelles élections présidentielles et législatives le 6 décembre prochain, censées marquer un retour à l’ordre constitutionnel et au pouvoir civil.
Située entre le Sénégal et la Guinée, la Guinée-Bissau est régulièrement confrontée à une instabilité politique depuis son indépendance du Portugal en 1974. Le pays a connu plusieurs coups d’État ainsi que de nombreuses tentatives de putsch au cours des dernières décennies.


