Un rapport de l’OMS révèle la nature des cibles américano-israéliennes

Depuis le 28 février, les frappes menées par les États-Unis et Israël sur le territoire iranien ont fait au moins 2 076 morts et 26 500 blessés. Au-delà du lourd bilan humain, l’évolution récente des attentats met en lumière une stratégie militaire visant une catégorie d’infrastructures strictement protégée par le droit international, suscitant l’alerte des plus hautes autorités sanitaires mondiales.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les installations médicales et de recherche iraniennes font l’objet de frappes répétées. Jeudi, l’Institut Pasteur de Téhéran a été pris pour cible. Face à cette situation, le président iranien Masoud Pezeshkian, lui-même chirurgien cardiaque, a lancé un appel urgent à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à la Croix-Rouge et à Médecins sans frontières pour qu’ils réagissent aux actes qu’il qualifie de « crime contre l’humanité ».
Fondé en 1920 en collaboration avec l’Institut Pasteur de Paris, ce centre joue un rôle central dans la lutte contre les maladies infectieuses au Moyen-Orient. Elle produit notamment des vaccins contre le tétanos, l’hépatite B et la rougeole. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a fermement condamné l’attaque contre l’un des plus anciens centres de santé publique de la région.
Le ciblage des établissements de santé n’est pas un incident isolé. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a confirmé que depuis le 1er mars, son organisation avait vérifié plus de 20 attaques contre les services de santé en Iran. Ces frappes ont causé la mort d’au moins neuf personnes, dont un agent de santé spécialisé dans les maladies infectieuses et un membre du Croissant-Rouge iranien.
La liste des sites concernés s’allonge au fil des semaines. Vendredi matin, un entrepôt de secours du Croissant-Rouge dans la province de Bouchehr a été frappé par un drone, détruisant des véhicules et des bus d’urgence. Le 31 mars, une grève a visé la Tofigh Daru Research and Engineering Company, l’une des plus grandes sociétés pharmaceutiques du pays basée à Téhéran. Deux jours plus tôt, le 29 mars, un hôpital nouvellement construit dans la capitale avait subi d’importants dégâts alors qu’il hébergeait une trentaine de patients, une continuation des bombardements qui ont touché plusieurs infrastructures stratégiques. D’autres installations, comme l’hôpital Andimeshk dans la province du Khuzestan le 21 mars et l’hôpital Gandhi à Téhéran le 2 mars, ont également été endommagées.
Al Jazeera rappelle que le droit international humanitaire, soutenu par la résolution 2286 de 2016 du Conseil de sécurité des Nations Unies, interdit strictement de cibler les établissements de santé et le personnel médical. Pourtant, l’année dernière, un record mondial a été enregistré avec 1 348 attaques contre des installations médicales, principalement au Soudan et au Myanmar.
Cette dynamique s’observe également dans d’autres zones de conflits au Moyen-Orient. Au Liban, le ministère de la Santé publique rapporte que les frappes israéliennes ont tué 53 professionnels de la santé, détruit 87 ambulances ou centres médicaux et entraîné la fermeture de cinq hôpitaux. Dans la bande de Gaza, de multiples attaques ont visé des infrastructures majeures telles que les hôpitaux al-Ahli, al-Shifa et Kamal Adwan, ainsi que les équipes de secours du Croissant-Rouge palestinien.



