Politique

Responsabilité incorporelle 2 (suite et non terminé…) (Par Mamoune Séne)

Le groupe ICS SENCHIM n’a pas toujours été le sang-froid TYREX, retenu par INDORAMA uniquement intéressé par notre ressource en phosphate et notre acide phosphorique et convoité par l’OCP du Maroc. Les ACTIFS INCORPORELS d’ICS-SENCHIM restent encore indélébiles au sein du monde rural et dans les mémoires des politiques agricoles, le cahier des charges d’une valorisation des actifs doit être à la hauteur de ce que fut la vision et le développement agricole de ce fleuron.

1-On se souvient de la construction de son réseau dense de distribution d’intrants agricoles comme principal facteur de consommation d’engrais au Sénégal, réseau qui assurait la disponibilité en qualité et en quantité et aux bons moments, des engrais sur tout le territoire.

2-Les avantages fiscaux alloués par le gouvernement (sur le phosphate et autres intrants, etc.) étaient largement suffisants pour fournir des engrais à des prix abordables au Sénégal et dans la sous-région) sans recourir aux subventions de l’État. Par ailleurs, ce métier de niche de distributeur d’intrants agricoles dispose d’au moins un potentiel de 3.000 jeunes emplois qualifiés.
Cela devrait soulager le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Sécurité alimentaire, les préfets et les DRDR de travaux supplémentaires qui ne relèvent pas vraiment de leurs missions régaliennes.
Pour la défense des libéraux, les toutes premières opérations de subvention des engrais qu’ils ont initiées (entièrement exécutées par ICS – SENCHIM), consistaient à soutenir de très petits producteurs familiaux avec un sac d’engrais par chef de famille, comment en est-on arrivé à transformer une simple opération sociale en ce mastodonte amorphe d’un programme généralisé de subvention des engrais ?

3-SENCHIM a été soit à l’origine de la création de plusieurs filières agricoles, soit le catalyseur ou un partenaire central : filière riz (CIRIZ), filière tomate industrielle, filière maïs (FMU), et filière arachide (CENIA), filière manioc en fournissant pour chaque cas le package de son parcours technique et des solutions de fertilisation optimisées…

4-LE PROGRAMME D’INTENSIFICATION DES CULTURES CÉRÉALES ICS SENCHIM a consisté à fournir à crédit un paquet technologique pour l’itinéraire technique complet composé d’engrais NPK, de semences certifiées, de produits de traitement pesticide, de produits d’amendement du phosphogypse, du phosphate naturel. Ce programme a permis d’obtenir des rendements phénoménaux jamais égalés et qui inspirent encore aujourd’hui le paquet des programmes officiels d’engrais réclamant des subventions. C’est ce programme qui a véritablement lancé la vulgarisation à grande échelle des variétés Sorghum Aralba, Galmi Violet et Bambeye Yellow.

L’obtention de la variété de maïs jaune de Bambey à 14% de protéines s’est révélée être la variété de maïs OP la plus riche au monde en protéines (thèse de doctorat Paris XI). C’était la variété choisie par l’usine d’aliments pour bétail SENCHIM ALISEN (aujourd’hui NMA Sanders) mais aussi pour l’alimentation infantile.

ICS SENCHIM a plaidé et soutenu l’ISRA pour une meilleure politique de conservation de ses ressources phytogénétiques et pour éviter la perte de ce patrimoine national. Nous appelons le Premier Ministre, le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Souveraineté alimentaire dans les programmes d’approvisionnement en variétés de semences subventionnées, le Ministre de la Famille et de la Solidarité chargé de la protection de l’enfance, tous les transformateurs de céréales locales et l’ensemble de l’industrie de l’alimentation animale à réserver une place privilégiée à la variété YELLOW BAMBEYE. Variété garantie non transgénique, la variété Jaune de Bambeye JDB n’est que de peu surpassée par la variété QPM, popularisée par la Fondation Bill CLINTON destinée aux céréales infantiles et contient 16% de protéines.

Dans le programme d’intensification des cultures ICS-SENCHIM, cette variété JDB, compte tenu de sa haute teneur en protéines, a occupé une place de choix dans la mesure où elle remplace avantageusement le soja dans les formulations d’aliments du bétail, ce qui a permis d’établir les premiers contrats particuliers de production entre ICS-SENCHIM pour son usine ALISEN et les Maïs Producteurs, et par extension avec d’autres producteurs d’aliments pour animaux.

On comprendra alors pourquoi son prix aux producteurs ne peut être comparé au prix du maïs importé d’Argentine ou d’Uruguay qui ne contient que 6% de protéines (avouons-le, il n’y a pas de garantie non OGM pour le maïs importé, ce qui ne me pose aucun problème tant que ce maïs importé reste réservé à l’alimentation animale et que le JDB est destiné aux céréales locales transformées pour la consommation humaine).

Dans les programmes de démonstration intégrés d’ICS-SENCHIM et grâce aux forums triangulaires SENCHI-Producteurs-Provendiers nous avons déjà défendu l’idée d’un prix de 300 – 350 FCFA/kg de maïs jaune de Bambeye, sachant qu’avec la JDB un substitut aux graines ou tourteaux de soja est vendu aux éleveurs, ce qui n’a rien à voir avec le maïs classique importé à 120 FCFA/kg. ICS-SENCHIM l’a compris, accepté et soutenu.

ICS SENCHIM a toujours fait appel au Ministre du Commerce pour que le prix aux producteurs de maïs notamment soit indexé sur la qualité intrinsèque de la variété (un maïs à 14% de protéines n’a pas la même valeur ni la même destinée qu’un maïs à 6%), en ce sens, c’est aux producteurs d’aliments d’exprimer leurs demandes et cahiers des charges auprès de la FMU par exemple.

Chers collègues de l’ISRA, rassurez-moi, dites-moi que vous avez toujours la variété de maïs Bambeye Jaune en qualité et en quantité dans vos collections…elle retrouvera sa place de choix dans l’économie de notre pays et la vision d’un ICS-SENCHIM rendu au peuple sénégalais, en attendant c’est à vous de défendre vos accessions variétales, nous espérons qu’avec le projet du Premier Ministre de récupérer les avoirs de l’ICS, ce groupe rendu au peuple sénégalais pourra reprendre ce combat

5-SENCHIM a fleuri de grands noms de la distribution d’intrants agricoles au Sénégal (SEDAB) comme dans la sous région (TOGUNA au Mali) certains de ses distributeurs sont même devenus Président de la République, notamment au Bénin, élu deux fois par des cotonculteurs satisfaits de la qualité et des prix des engrais ICS (le Président Patrice Talon avec le projet de notre Premier Ministre, se réunira après votre mandat pour reprendre l’affaire…peut-être lui parlerez-vous d’ici là lors de sa prochaine visite officielle au Bénin)

Mamoune SENE
Dr Es Sciences
Ancien groupe de cadres ICS-SENCHIM

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