Entretien avec Babacar Diop, Président du RGSC : ambitions et défis de la diaspora au Canada

XALIMANEWS : À l’occasion du Mois du Sénégal au Canada, prévu du 04 avril au 02 mai 2026 autour du thème « Rôle stratégique de la diaspora dans l’intégration et le développement bilatéral Canada-Sénégal », la rédaction de Xalima s’est entretenue avec M. Babacar Diop, Président du Regroupement Général des Sénégalais du Canada (RGSC).
Dans cette interview exclusive, il évoque la dynamique actuelle de l’organisation qu’il dirige, les défis auxquels est confrontée la communauté sénégalaise au Canada, mais aussi les ambitions portées à travers cette 13ème édition du Mois du Sénégal. Entre structuration, engagement communautaire et plaidoyer, M. Diop aborde également des questions sensibles comme la situation des étudiants sénégalais, l’accès aux services consulaires et le rôle stratégique de la diaspora dans le renforcement des relations entre Dakar et Ottawa.
Un entretien riche qui met en lumière les enjeux, les attentes et les perspectives d’une diaspora en pleine mutation, déterminée à jouer un rôle clé dans le développement du Sénégal et le rayonnement de son image à l’international.

L’intégralité de l’Entretien avec M. Babacar Diop, Président du Regroupement Général des Sénégalais du Canada (RGSC)
Monsieur le Président, comment va le Regroupement des Sénégalais du Canada aujourd’hui ? Pouvez-vous nous donner un aperçu, notamment sur le plan organisationnel et financier ?
Le Regroupement Général des Sénégalais du Canada se porte bien, avec une dynamique de consolidation et de structuration que nous poursuivons depuis plusieurs années. Sur le plan organisationnel, nous avons renforcé nos racines grâce à une meilleure collaboration avec les associations sectorielles, que ce soit au Québec, en Ontario ou dans d’autres provinces. Notre objectif est clair : bâtir une organisation inclusive, représentative et opérationnelle.
Financièrement, comme plusieurs organismes communautaires, nous faisons face à des défis, mais nous avons déployé des efforts importants pour diversifier nos sources de financement, notamment par le biais de partenariats institutionnels, de projets structurants et de mobilisation communautaire. La transparence et la rigueur dans la gestion restent au cœur de notre action.
Le « Mois du Sénégal 2026 » suscite déjà beaucoup d’intérêt. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette édition et les principales nouveautés prévues cette année ?
En effet, la 13ème édition du Mois du Sénégal au Canada s’annonce exceptionnelle. C’est un événement incontournable qui met en valeur la richesse culturelle, économique et sociale du Sénégal.
Cette année, nous avons souhaité innover en renforçant trois axes majeurs : la culture, avec des événements artistiques de haut niveau ; l’économie, avec des espaces de discussion sur l’investissement et l’entrepreneuriat ; et la jeunesse, avec des activités dédiées à l’intégration et au leadership.
Parmi les nouveautés, on peut citer un forum économique élargi sur trois jours (24 au 26 avril), le forum de l’emploi avec un pitch challenge Solution Innov, des journées consulaires en collaboration avec l’ambassade, ainsi que des activités décentralisées dans plusieurs villes pour toucher un public plus large. C’est une édition placée sous le signe du rayonnement et de l’impact.
De nombreux jeunes Sénégalais font face à des refus de statut ou à des difficultés pour rester au Canada. Quel message souhaitez-vous leur transmettre ? Et concrètement, quel rôle joue le RGSC pour les accompagner dans ces situations ?
C’est une préoccupation majeure pour nous. A ces étudiants ou nouveaux arrivants, je veux d’abord dire de garder espoir et de ne pas rester isolés face aux difficultés. Leur situation est prise très au sérieux.
Le RGSC joue un rôle d’accompagnement, d’orientation et de plaidoyer. Nous travaillons avec des partenaires, des professionnels et des institutions pour fournir une information fiable, organiser des séances d’information et orienter les gens vers les ressources appropriées.
Nous apportons également leur voix auprès des autorités canadiennes et sénégalaises afin de les sensibiliser aux réalités vécues par notre communauté. Il est essentiel que ces étudiants sachent qu’ils ne sont pas seuls.
On constate que la majorité de la communauté sénégalaise est désormais établie au Québec, notamment à Montréal. Cependant, les services consulaires restent limités et centralisés. Pensez-vous qu’il est temps d’ouvrir un consulat pleinement opérationnel au Québec ?
C’est une réalité que nous constatons tous : la communauté sénégalaise est fortement concentrée au Québec, particulièrement à Montréal. Dans ce contexte, la question de l’ouverture d’un consulat pleinement opérationnel se pose avec pertinence. Nous demandons également depuis plusieurs années une valise permanente pour la fabrication des passeports.
Notre position est claire : oui, il est aujourd’hui nécessaire de rapprocher les services consulaires des usagers pour mieux répondre à leurs besoins. Cela passe soit par l’ouverture d’un ou plusieurs consulats, soit par un renforcement significatif des services existants, comme les journées consulaires que nous accueillons.
Nous poursuivons le dialogue avec les autorités compétentes sur cette question. Il s’agit d’un projet important et nous restons mobilisés pour faire avancer ce dossier dans l’intérêt de notre communauté.
Enfin, quel est votre dernier mot à la communauté sénégalaise du Canada et à ceux qui vous suivent ?
Je voudrais envoyer un message d’unité, de solidarité et d’engagement. Notre force réside dans notre capacité à nous rassembler au-delà de nos différences pour bâtir une communauté forte et influente.
J’invite chacun à s’impliquer, à soutenir les initiatives communautaires et à contribuer, à sa manière, au rayonnement du Sénégal au Canada. Ensemble, nous pouvons faire encore plus et mieux.
Xalima, le 3 avril 2026
PIDvito


