Société, Culture

La DER/FJ apporte des clarifications et défend la régularité de la procédure

La DER/FJ sort de son silence pour répondre aux critiques concernant le projet du Centre Mohamed Bin Zayed. L’institution défend la régularité de la procédure, mise en cause les manquements de l’entreprise SERTEM groupe et réaffirme sa volonté de mener à terme ce projet stratégique pour l’innovation et l’entrepreneuriat au Sénégal.

La Délégation générale à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ) est montée au créneau pour rétablir «la réalité des faits» concernant le projet de construction du Centre Mohamed Bin Zayed (MBZ) pour l’Innovation et l’Entrepreneuriat. Dans un communiqué publié hier, l’institution répond aux critiques relayées dans certains médias à la suite de la réattribution provisoire du marché.

D’emblée, la DER/FJ rappelle que ce projet structurant s’inscrit dans le cadre d’un don de 20 millions de dollars accordé en février 2020 par le Fonds Khalifa de Développement des Entreprises à l’État du Sénégal. Le futur centre, prévu à Mermoz, doit abriter un complexe moderne comprenant un immeuble R+7, une mezzanine, deux soussols et une terrasse aménagée.

À l’issue d’un appel d’offres en procédure d’urgence, l’entreprise SERTEM Groupe avait été déclarée unique soumissionnaire et attributaire du marché pour un montant de plus de 17,24 milliards de FCFA hors taxes.

Toutefois, la DER/FJ insiste sur le fait que le premier décaissement du partenaire financier s’est élevé à 7,5 millions de dollars, et non 10 millions comme avancé dans certains articles. Sur la question du démarrage des travaux, l’institution précise qu’un ordre de service préliminaire a été signé en janvier 2022, suivi du paiement d’une avance de plus de 3,4 milliards de FCFA en mars de la même année. Elle réfute également toute irrégularité liée aux exonérations fiscales, affirmant que celles-ci ont été obtenues dès août 2021, bien avant le lancement effectif du chantier.

Concernant les difficultés d’exécution, la DER/FJ pointe directement la responsabilité de SERTEM Groupe. Elle évoque des retards importants, allant jusqu’à un arrêt unilatéral des travaux pendant près de 20 mois, accompagné d’une démobilisation des équipes techniques. Cette situation aurait eu des conséquences majeures sur l’avancement du projet et sur la mobilisation des financements restants.

CONTRE-EXPERTISE INDÉPENDANTE

Une contre-expertise indépendante, menée à la suite de recommandations du corps de contrôle de l’État, a «évalué le taux d’exécution des travaux à seulement 19,5%». Pourtant, selon la DER/FJ, l’entreprise aurait déjà perçu près de 5,9 milliards de FCFA, pour des réalisations limitées aux structures des sous-sols et du rez-de-chaussée.

Face à cette situation, les autorités ont procédé à la résiliation du marché, conformément aux dispositions du Code des marchés publics. Une nouvelle procédure d’appel à offres restreintes a été lancée, aboutissant à la sélection d’une entreprise sénégalaise jugée techniquement conforme et financièrement plus avantageuse.

Le nouveau contrat pèse à 17,3 milliards de FCFA TTC, contre plus de 25,5 milliards TTC pour le marché initial, exonérations comprises. Enfin, la DER/FJ précise que le recours juridictionnel introduit par SERTEM Groupe n’a pas d’effet suspensif sur la procédure en cours. Elle affirme sa détermination à poursuivre le projet dans les meilleurs délais, tout en se réservant le droit d’engager toutes les actions nécessaires pour défendre ses intérêts et ceux de l’État.

À travers cette mise au point, la DER/FJ entend rassurer l’opinion publique sur la transparence du processus et réaffirmer son engagement en faveur de la bonne gouvernance dans la gestion des projets structurants.

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