Société, Culture

La révolte des quartiers de France

Les dernières élections municipales en France ont montré une percée remarquable des maires en matière d’immigration. Dimanche 22 mars, après la fermeture des bureaux de vote, des noms ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux et sur les grandes chaînes de télévision montrant les nouvelles têtes à qui les Français ont fait confiance dans plusieurs communes.

Bally Bagayoko devient maire de Seine-Saint Denis, tandis que Bassi Konaté s’empare de Sarcelles, Adama Gaye des Yvelines et Demba Traoré de Blanc-Mesnil. Issus pour la plupart des quartiers et sans étiquette politique pour certains, ces maires de la diversité ont réussi à s’imposer face aux candidats choisis par les partis politiques traditionnels français. Si leur arrivée a été bien appréciée par une grande partie des Français, certains milieux de la droite et une frange de l’extrême droite ont vite été rejetés ce vent du renouveau. Des chaînes de télévision comme Cnews s’en sont prises à certaines.

Même si les partisans de Marine Le Pen déclarent partout avoir réalisé leur plus grand score à l’issue de ce scrutin, Eric Zemmour se délectant du « beau résultat » obtenu, le fait nouveau reste, sans conteste, la montée en puissance de ces maires originaires des pays tels que le Mali, le Sénégal, le Bénin, la Mauritanie, la Gambie, etc. Cette percée a été en grande partie facilitée par le discours d’ouverture longtemps prônée par la France insoumise de Jean Luc Mélenchon. Mais elle renseigne également sur la maturité des Français qui ne voient plus en ces personnes de couleur que des gens à toujours reléguer au second plan. Jusque-là, on avait vu des personnes issues de l’immigration nommées ministres ou élus députés dans l’hexagone. Rama Yade, Pap Ndiaye ou encore l’ancienne porte-parole du gouvernement français Sibeth Ndiaye sont des exemples.

Mais aujourd’hui, à travers ces maires, ce sont les quartiers de France qui sonnent la révolte, en prenant leur destin en main pour se choisir dignement et en toute liberté les élus qui doivent présider à leur destin pour les prochaines années à venir. Pour être nés dans ces quartiers et y avoir vécu une grande partie de leur vie, ces nouveaux maires ont su convaincre par un discours de vérité basé sur les réalités locales et le vécu quotidien des habitants. Tout le contraire parfois des candidats des grands partis politiques dont certains sont freinés à cause de leur arrogance.

C’est donc presque la révolte des quartiers de France sur les politiciens professionnels qui a été actée le 22 mars dernier. Le même scénario s’est réalisé sur les communes sénégalaises en 2022 lorsque la coalition Yewwi, dirigée principalement par Ousmane Sonko et Khalifa Sall, avait arraché une grande partie des mairies des mains des hommes politiques célèbres en les confiants à d’autres, issue de la communauté et généralement sous côtés au plan politique. Plusieurs grandes villes du pays avaient accepté de prendre la main tendue. Notamment à Guédiawaye, Rufisque, Thiès, etc. Ces choix ont tous été acceptés par les Sénégalais et presque sans contestation.

Aujourd’hui, ces nouveaux maires français ont l’obligation de réussir. Ne serait-ce que pour rallier les contestataires à ce vent de renouveau constaté au sein même des communes françaises.

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