Abdel Kader Ndiaye pour construire une nouvelle dynamique

Un bureau pour aller loin
Pour l’accompagner dans ses nouvelles fonctions, un bureau diversifié a été mis en place. Mamadou Abib Diop (SAR) occupe le poste de premier vice-président chargé du développement et de la coopération, tandis que Mohamed Seck (Sahel Services) est en charge des fédérations. Abdoul Aziz Sy (Sup DECO) hérite des affaires économiques et Ibrahima Gallo Ndao (EUROCHAM) de la communication. Une équipe qui reflète la diversité du tissu économique sénégalais (secteur pétrolier, services, éducation, commerce international).
Dans une volonté de continuité, le Conseil d’Administration a également nommé plusieurs présidents d’honneur, rendant hommage à Ibou Ndiaye, Adama Lam (président sortant), Babacar Ndiaye et Abdourahmane Ndoye pour leur contribution. Un geste élégant qui en dit long sur le style du nouveau président : avancer sans effacer.
Un style qui reflète aussi sa vision : préserver les valeurs des fondateurs ; changer l’échelle des ambitions pour l’avenir.
C’est ainsi qu’il l’a exprimé dans le préambule de son formulaire de candidature : préserver le précieux héritage des fondateurs (fondé sur les valeurs de professionnalisme, de transparence, de bonne gouvernance et de patriotisme économique) tout en s’adaptant avec audace aux réalités contemporaines.
Un choix qui ne doit rien au hasard
Né à Saint-Louis, Abdel Kader Ndiaye est ingénieur polytechnique, diplômé de l’École Polytechnique de Thiès (EPT/ACDI), titulaire d’un MBA de l’UQAM et d’une maîtrise en gestion et régulation des marchés publics de l’ENA. Un solide parcours académique, forgé entre le Sénégal et le Canada, qui en dit long sur l’homme : rigoureux, méthodique, attaché aux règles et procédures (des qualités précieuses pour diriger une organisation aussi diversifiée que le CNES).
Reconnu pour son engagement citoyen, notamment comme cheville ouvrière de la rénovation de la Grande Mosquée de sa ville natale, ce profil de bâtisseur, alliant rigueur professionnelle et sens de la responsabilité collective, a sans doute séduit les membres de la confédération dans un contexte de réformes structurelles nationales.
Son parcours reflète une connaissance fine des contraintes des entreprises, des enjeux d’investissement et des réalités du tissu productif local.
Ce positionnement, à la croisée de l’opérationnel et du plaidoyer, constitue un atout dans la gestion d’une organisation patronale.
Un combattant pour le secteur privé national
Ce qui distingue surtout Abdel Kader Ndiaye dans le paysage des affaires sénégalais, c’est avant tout sa capacité à dire ce qui dérange (et à le dire haut et fort). A la tête du Syndicat des entreprises du bâtiment et des travaux publics (SNBTP), il n’a jamais ménagé ses mots sur la situation du secteur de la construction. Il déplore que sur les 22 200 milliards FCFA de marchés publics en six ans, soit 2 500 à 3 000 milliards par an, le secteur du BTP n’en ressent pas suffisamment les retombées, et que 70% des marchés, en valeur, échappent au secteur privé national. Entre 2019 et 2023, plus de 7 000 milliards FCFA de marchés publics ont été passés par des multinationales étrangères au détriment des entreprises nationales.
Face à ce constat, Abdel Kader Ndiaye n’a jamais hésité à monter au créneau, réclamant la préférence nationale et plaidant pour une régulation plus forte des marchés publics. Un tempérament combatif (exactement ce dont le CNES a besoin dans un contexte économique tendu).
Un réformateur dans l’âme
Son engagement va bien au-delà du secteur de la construction. Il a présidé la commission nationale de réforme du cadre juridique et institutionnel des partenariats public-privé entre 2013 et 2014, et participé activement aux réformes des systèmes de passation des marchés publics au Sénégal et dans l’UEMOA entre 2004 et 2007. Des réformes structurantes dont les effets se font encore sentir aujourd’hui.
Il a également été Administrateur et Vice-Président de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, Président de la Commission de Médiation du Haut Conseil du Dialogue Social et membre de la Commission de Règlement des Litiges de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP).
Un parcours institutionnel qui témoigne d’une connaissance intime des rouages de l’État et du dialogue public-privé (un atout précieux pour le nouveau président du CNES).
La vision qui apparaît dans son programme est basée sur « une approche pragmatique, inclusive et axée sur les résultats », articulé autour de leviers essentiels tels que « formation, partenariats stratégiques, promotion du « Made in Sénégal » et communication moderne et efficace “.
Un emploi du temps chargé, des attentes immenses
Le nouveau président devra impulser une dynamique axée sur la compétitivité des entreprises, le dialogue avec les pouvoirs publics et l’amélioration du climat des affaires. Dans un contexte économique en mutation, Abdel Kader Ndiaye devra également répondre aux attentes liées à la création d’emplois, à la formalisation du secteur informel et au soutien aux PME.
Le CNES, composé de 17 fédérations et groupements syndicaux professionnels et structuré autour de six commissions techniques, est une institution dont le poids dans le dialogue social et économique du pays est considérable. Prendre les devants, c’est s’engager à porter la voix de milliers d’entreprises sénégalaises auprès des pouvoirs publics, des partenaires sociaux et des institutions internationales.
La Confédération Nationale du Patronat du Sénégal se trouve aujourd’hui à un moment charnière. Elle est attendue sur des questions structurantes : dialogue avec les pouvoirs publics, amélioration du climat des affaires, accès aux financements, compétitivité des entreprises, formalisation de l’économie.
Dans ce contexte, la capacité du nouveau président à fédérer les différentes composantes du secteur privé sera déterminante.
Une responsabilité élargie
L’accession d’Abdel Kader Ndiaye à la tête du CNES intervient au moment où le secteur privé est appelé à jouer un rôle moteur dans la croissance. Cela ouvre une séquence où les employeurs devront allier influence, responsabilité et capacité de proposition.
Dans un environnement marqué par des tensions sur le financement, des transformations économiques rapides et des exigences accrues en matière de gouvernance, le rôle des employeurs apparaît plus stratégique que jamais. Il ne s’agit plus seulement de représenter les entreprises, mais de contribuer activement à la définition des politiques économiques.
C’est dans cet esprit que la candidature d’Abdel Kader Ndiaye était portée par une ambition claire : faire du patronat sénégalais un acteur crédible, influent et structurant dans le développement économique et social du Sénégal.
La tâche est immense. Mais au vu du parcours d’Abdel Kader Ndiaye (ingénieur, réformateur, combattant dans le secteur privé national), le patronat sénégalais semble avoir fait le bon choix.
Son credo est une promesse : « Être Président du CNES ne signifie pas occuper un siège. Il porte un bouclier pour défendre et développer le secteur privé “.
Malick NDAW


