AFFAIRE ENTRE MADY TOURÉ ET ABDOULAYE TOMBE AU TAS

Les secrets de l’audience du TAS Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a été, hier mardi 10 mars, le théâtre d’une audience marathon de six heures entre Abdoulaye Fall, président…
Les secrets de l’audience du TAS
Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a été, hier mardi 10 mars, le théâtre d’une audience marathon de six heures opposant Abdoulaye Fall, président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), à son challenger malheureux aux élections d’août 2025, Mady Touré. Entre batailles de procédures et accusations de corruption, le football sénégalais retient son souffle. Le verdict est attendu dans les plus brefs délais.
Le silence clinique des couloirs du TAS, sur les hauteurs de Lausanne, contrastait hier mardi avec la fureur des enjeux qui se jouaient à l’intérieur. De 11h à 17h, le temps s’est arrêté pour le football sénégalais. Six heures de « match » judiciaire où chaque mot pesait son poids de poussière d’or, entre l’actuel président de la Fédération sénégalaise de football, Abdoulaye Fall, et son adversaire, Mady Touré, patron de l’académie Génération Foot.
Débutant vers 11 heures et ne se terminant qu’à 17 heures, l’audience a tenu toutes ses promesses en termes d’intensité juridique. Les deux protagonistes, Abdoulaye Fall et Mady Touré, se sont déplacés pour défendre leurs positions respectives devant les arbitres lausannois.
Pour faire annuler le vote, le président de Génération Foot a fait appel à l’artillerie lourde. Sa défense a été assurée par un duo d’experts internationaux. Me Joëlle Monlouis, avocate de renom et personnalité influente du football français, occupe le poste de secrétaire générale de la FFF depuis fin 2024. Avocate internationale spécialisée en droit du sport et ancienne membre du comité directeur de la Ligue de Paris Île-de-France, elle siège au Comité exécutif (Comex) pour la mandature 2024-2028, apportant son expertise du monde amateur et professionnel.
Et Me Jean-Samuel Loba, avocat suisse expérimenté, connu pour avoir récemment obtenu gain de cause pour l’AS VClub (RDC) devant la FIFA. Il conseille sur les questions de transferts, de contrats de travail des joueurs et de discipline sportive en droit du sport. Son nom est associé à des procédures juridiques complexes visant à résoudre les conflits administratifs et financiers entre les clubs et les organismes de régulation.
Face à eux, Abdoulaye Fall a confié sa défense au cabinet Delavallade-Raimbault, représenté par Me Kabou.
Selon L’Observateur, selon les plaidoiries de la défense, Mady Touré n’a pas respecté la « chaîne d’appel » imposée par le code électoral de la FSF. En ce sens, le vice de forme a été soulevé. “Selon l’article 15 du code électoral, une fois les opérations de vote lancées, les plaintes relèvent de la compétence exclusive de la Commission électorale. Toutefois, Mady Touré aurait saisi directement la Commission de recours”, confie la source, présente dans la salle d’audience.
Mais un autre point de friction concerne le procès-verbal (PV) du vote. “Le camp Touré s’appuie sur les notes d’un huissier présent lors du dépouillement. La défense de la FSF a rétorqué, s’appuyant sur l’article 24-2, que seul le procès-verbal final validé par le président de la Commission électorale fait foi auprès des autorités”, nous dit-on.
L’un des moments les plus attendus concernait les allégations de corruption. Toutefois, selon des sources proches du dossier, le camp de Mady Touré n’a fourni « aucun support audio ou vidéo aux débats ».
Le plaidoyer des requérants reposait essentiellement sur des témoignages ou des ragots rapportés indirectement « quelqu’un nous l’a dit », citant des noms sans que l’identité ou la matérialité des échanges puissent être formellement établies.
Le plaidoyer des requérants reposait essentiellement sur des témoignages ou des ragots rapportés indirectement « quelqu’un nous l’a dit », citant des noms sans que l’identité ou la matérialité des échanges puissent être formellement établies par des preuves matérielles, nous dit-on. Un manque de « preuves matérielles » qui auraient été vigoureusement exploitées par les avocats d’Abdoulaye Fall.
Délibéré en sept jours
Le collège d’arbitres du TAS s’est désormais retiré pour délibérer. Compte tenu de la densité des échanges, le tribunal a annoncé qu’il regarderait l’enregistrement de l’audience pour analyser scrupuleusement les plaidoiries.
Le verdict est attendu dans les plus brefs délais. Cette décision va clôturer un chapitre juridique qui tient en haleine le football sénégalais depuis plus de six mois. Soit il confirmera définitivement le mandat d’Abdoulaye Fall, soit il plongera l’organisme fédéral dans une période de transition inédite.
Les enjeux en valent la peine.
SILEYE NGUETTE L’Observateur
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