Société, Culture

Aziz Coulibaly signe un clip spirituel inédit tourné à Dakar, entre foi et intelligence artificielle

La scène musicale sénégalaise s’apprête à accueillir une œuvre singulière. Le clip du titre « Le Silence de Dieu », extrait de l’album du même nom de l’artiste sénégalais Aziz Coulibaly, sera dévoilé le samedi 21 mars 2026. Connu sous le nom d’artiste Dabahia, le vétéran de l’audiovisuel signe ici un projet à la croisée de la spiritualité, de l’innovation technologique et de la réflexion sociale.

Figure des médias au Sénégal, Aziz Coulibaly a marqué plusieurs générations d’auditeurs et de téléspectateurs. Ancien animateur à la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), manager fondateur du groupe Positive Black Soul, ancien responsable des programmes musicaux de Sud FM et directeur général de RTJTV, il franchise aujourd’hui une nouvelle étape artistique avec la publication d’un album entièrement interprété par une voix générée par intelligence artificielle. Une première au Sénégal. Interrogé à quelques jours de la sortie officielle du clip, Aziz Coulibaly explique que sa démarche ne relève pas d’une ambition de carrière musicale, mais d’un désir de transmettre un message.

Selon lui, l’écriture s’est imposée naturellement à travers des textes et des poésies qu’il notait sur son téléphone ou sur son blog. La découverte d’un logiciel d’intelligence artificielle capable de transformer ces écrits en chanson a été le déclic. Encouragé par des proches, notamment Doug E Tee, il décide alors de partager ses créations avec le public.

« Je ne cherche pas la lumière d’une carrière professionnelle musicale. Je le fais par passion et pour porter un message », confie-t-il. Pour lui, la musique doit avant tout instruire et éveiller les consciences. Il espère que les auditeurs y trouveront des enseignements susceptibles d’influencer positivement leur comportement.

Le recours à une voix générée par intelligence artificielle dans l’album peut surprendre. Mais pour Dabahia, ce choix s’explique par des contraintes pratiques et une volonté de se concentrer sur l’essentiel : l’écriture et le message.

Toujours actif dans les médias – il anime notamment une émission quotidienne sur Sen Radio – l’artiste explique ne pas disposer du temps nécessaire pour mener une carrière de chanteur classique avec concerts et tournées. L’IA lui permet ainsi de produire et de diffuser ses textes tout en restant fidèle à ses autres engagements.

UN CLIP SPIRITUEL TOURNE DANS DAKAR

Le vidéoclip de « Le Silence de Dieu » propose une narration visuelle profondément spirituelle. L’histoire débute par une vue nocturne de Dakar, plongée dans le calme et la méditation. La capitale sénégalaise sert de décor symbolique à une quête intérieure où l’homme cherche des réponses face au silence apparent du divin.

Le récit met en scène plusieurs personnages confrontés à leurs doutes : un homme en prière à l’aube, une femme implorant Dieu dans la nuit ou encore un lecteur du Coran troublé par les épreuves de la vie. À travers ces images, le clip explore les différentes facettes de la foi humaine : la patience, l’espérance et la fragilité.

Un contraste fort apparaît également entre la spiritualité et les illusions du monde matériel, illustrées par une scène de fête luxueuse où l’apparence du bonheur masque un profond vide intérieur.

Au fil du clip, la tonalité visuelle évolue progressivement vers la lumière. Un levier de soleil sur l’océan marque un moment de bascule : les personnages marchent vers une mosquée tandis qu’un chœur chante en wolof une prière demandant à Dieu d’accorder un cœur patient.

Pour Aziz Coulibaly, cette séquence traduit le message central de l’œuvre : le silence de Dieu n’est pas une absence, mais un temps de préparation et de transformation intérieure. « Les jeunes veulent souvent réussir très vite, avoir de l’argent ou le buzz. Mais Dieu agit à son rythme », explique-t-il, invitant à vivre sans pression et avec patience. À travers cet album et ce clip, l’artiste espère toucher particulièrement la jeunesse sénégalaise et africaine. Son ambition est simple : utiliser la musique comme outil d’éducation et de réflexion. Dans la dernière séquence du clip, les personnages trouvent une forme de sérénité dans une vie simple, loin des illusions du succès rapide. Une conclusion qui résume la philosophie de Dabahia : la réponse divine réside souvent dans la paix véritable intérieure.

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