Bactéries détectées dans les plats cuisinés et les jus locaux

Un atelier de restitution consacré au suivi de la contamination microbiologique des aliments s’est tenu ce jeudi 5 mars au Centre d’Urgence Sanitaire de l’Hôpital Fann de Dakar. La réunion a réuni laboratoires, services d’hygiène et acteurs de la sécurité alimentaire pour partager les résultats d’une étude sur la présence de bactéries telles que Salmonella et Escherichia coli dans les plats cuisinés et les jus locaux largement consommés par les populations.
Cette activité s’inscrit dans une stratégie visant à améliorer la préparation et la réponse aux urgences sanitaires liées à l’alimentation.
Présidant la réunion, le professeur Amadou Diop, enseignant-chercheur au département de pharmacie et président du Comité national du Codex, a rappelé l’importance de cette structure.
Selon lui, le Comité national du Codex constitue une plateforme nationale chargée de coordonner toutes les activités liées à la sécurité alimentaire, afin de garantir que les produits consommés par la population ne présentent pas de risques sanitaires.
Le plan de surveillance a été réalisé avec le soutien de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et la coopération luxembourgeoise.
L’étude a consisté à analyser différents plats préparés et jus de fruits locaux afin d’identifier d’éventuels contaminants microbiologiques.
108 échantillons analysés, 15% de non-conformité
Au total, 108 prélèvements ont été réalisés dans trois villes : Dakar, Thiès et Kaolack.
Les résultats font état de 16 cas de non-conformité, soit environ 15 % des échantillons analysés.
Selon le professeur Amadou Diop, ces résultats restent globalement satisfaisants, même si les situations varient selon les localités.
A Dakar, les analyses sont jugées plutôt encourageantes. Sur 65 échantillons de plats cuisinés, un seul cas de non-conformité a été détecté : un sandwich contaminé à la salmonelle.
En revanche, la situation apparaît plus préoccupante à Thiès, où 12 prélèvements sur 22 ont été jugés non conformes. Les contaminations concernent principalement les aliments consommés froids, notamment les produits laitiers traditionnels comme le thiakry et le lakh, ainsi que certains sandwichs.
A Kaolack, 3 cas de non-conformité ont été enregistrés sur 22 prélèvements, touchant également le thiakry.
Les bactéries étudiées dans cette étude représentent de réels risques pour la santé.
La salmonelle peut provoquer une gastro-entérite, une dysenterie et parfois des poussées de diarrhée. Quant à E. coli, elle est utilisée comme indicateur d’hygiène, permettant de vérifier si les aliments ont été manipulés dans de bonnes conditions. Sa présence peut indiquer une contamination d’origine fécale ou un non-respect des règles d’hygiène.
Face à ces résultats, le Comité national du Codex envisage de renforcer la formation des restaurateurs en collaboration avec l’Association nationale des acteurs de la restauration du Sénégal.
Un guide de bonnes pratiques d’hygiène a déjà été élaboré. Le projet prévoit également la sélection de « restaurateurs modèles », qui seront évalués et récompensés pour leur respect des normes sanitaires.
L’objectif est clair : améliorer durablement la qualité sanitaire des aliments consommés par les Sénégalais et réduire les risques liés à la contamination alimentaire.



