15 milliards FCFA détournés, un système opaque au coeur d’un scandale d’Etat

Ce dossier, jugé particulièrement grave, a été officiellement transmis au ministre de la Justice pour l’ouverture d’une procédure judiciaire, révélant un système marqué par des pratiques opaques et une gestion hors norme.
Un contrat de 85,5 milliards au bilan écrasant
Attribué pour équiper le monde rural en matériel agricole, le marché Intermaq d’un montant total de 85,5 milliards FCFA présente de graves irrégularités.
L’audit met en lumière une série de transactions financières douteuses : transferts, retraits d’espèces et mise à disposition de fonds au profit de bénéficiaires privés, sans justification claire.
Sur le plan technique, le constat est tout aussi alarmant :
92% du budget déjà payé
Mais seulement 834 équipements livrés sur 2.120, soit à peine 39% du total
Autrement dit, l’État sénégalais a payé massivement des équipements qui, pour la plupart, n’ont jamais été livrés.
Surfacturation et procédure irrégulière
Le rapport souligne également :
Un trop-payé de plus de 23 milliards FCFA au profit de la société espagnole Intermaq 2012 SL
Une procédure totalement irrégulière, réalisée sans étude préalable
Contournement des règles en matière de marchés publics
Le contrat aurait été géré directement au sommet du ministère de l’Agriculture, en dehors des circuits administratifs normaux, renforçant les soupçons de favoritisme et de gestion opaque.
Tensions ouvertes entre les autorités et les accusés
Face à ces révélations, les positions sont radicalement opposées :
Le ministre de l’Agriculture défend une intervention urgente, justifiant la réquisition du matériel comme une nécessité pour sauver la campagne agricole.
De leur côté, les avocats de Saïdou Kane dénoncent une violation des droits contractuels et contestent les conclusions de la Cour.
Un profil déjà cité dans le scandale de l’ASER
Ce qui renforce la gravité de l’affaire, c’est que Saïdou Kane apparaît également dans un autre dossier sensible : celui de l’ASER (Agence sénégalaise d’électrification rurale).
Les révélations évoquent un scandale portant sur plusieurs dizaines de milliards de FCFA, avec des soupçons de mauvaise gestion, de circuits financiers opaques et de pratiques assimilées à un système de prédation.
Cette récurrence alimente les interrogations sur :
l’existence de réseaux structurés
la gouvernance des grands projets publics
et la capacité de contrôle des institutions
Vers une onde de choc politico-judiciaire
Avec la transmission du dossier à la justice, l’affaire Intermaq pourrait devenir l’un des plus gros scandales financiers récents au Sénégal.
Entre détournements présumés, pannes techniques majeures et soupçons de réseaux d’influence, cette affaire dépasse largement le cadre d’un simple contrat agricole : elle pose la question de la gestion des deniers publics et de la responsabilité des décideurs.



