Ce que Madiambal Diagne prépare pour Emmanuel Macron

Le président français Emmanuel Macron pourrait, à terme, jouer un rôle déterminant dans la procédure d’extradition visant le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne. Si certaines démarches juridiques en cours n’aboutissent pas à l’annulation de la procédure, la décision finale pourrait en effet revenir au chef de l’Etat français, habilité à autoriser ou non une extradition par décret.
Dans une interview publiée ce jeudi par le journal Le Quotidienl’un des avocats de Madiambal Diagne, Me François Brengarth, a annoncé que la défense avait interjeté appel devant le tribunal. Cour de cassation. Ce recours vise à contester l’avis rendu par la chambre de l’instruction de Versailles, qui s’est déclarée partiellement favorable à l’extradition du journaliste vers le Sénégal.
Selon Me Brengarth, la défense s’attend à ce que la plus haute juridiction judiciaire française annule le jugement rendu par la cour d’appel. « Nous attendons de la Cour de cassation, la plus haute juridiction de l’ordre juridique français, qu’elle annule et annule le jugement qui a été rendu », a déclaré l’avocat dans cet entretien.
La procédure engagée contre Madiambal Diagne s’inscrit dans le cadre d’un mandat d’arrêt émis par la justice sénégalaise. En droit français, lorsqu’un tribunal émet un avis favorable à l’extradition d’une personne, la procédure peut alors être transmise au pouvoir exécutif pour décision définitive. Dans ce cas précis, si la décision de la chambre de l’instruction n’est pas infirmée par la Cour de cassation, la question de l’extradition pourrait être tranchée par un décret signé par le président Emmanuel Macron.
Face à cette éventualité, la défense du fondateur du groupe Communication futurerédacteur en chef du journal Le Quotidienindique avoir mis en œuvre une stratégie en plusieurs étapes. La première est de sensibiliser les autorités françaises aux arguments juridiques qui, selon les avocats, devraient empêcher la signature d’un décret autorisant l’extradition.
Me Brengarth précise que cette démarche s’inscrit dans le débat contradictoire prévu par la procédure. Il explique que la défense entend présenter les raisons juridiques susceptibles de faire obstacle à la prise d’un tel décret par l’exécutif français. “Il faut comprendre que nous ne nous opposons pas au caractère politique de la mesure pour exiger nous-mêmes une décision politique”, a-t-il indiqué.
L’avocat insiste également sur le fait que la défense exige avant tout une décision conforme au droit en vigueur. Selon lui, la décision finale devrait être prise indépendamment de toute pression ou considération diplomatique. “Nous demandons une décision qui respecte le droit en vigueur, ni plus ni moins”, a-t-il déclaré, ajoutant qu’elle devrait être prise sans tenir compte des éventuelles menaces diplomatiques qui pourraient être soulevées dans le cadre de cette affaire.
La défense indique qu’un autre appel reste possible si un décret d’extradition venait à être signé par le président français. Dans ce cas, la décision pourrait être contestée devant le Conseil d’État dans le cadre d’un recours pour excès de pouvoir, procédure permettant de vérifier la légalité d’un acte administratif et, le cas échéant, d’obtenir son annulation.



