« Ce sont les décisions que j’ai prises pour Air Sénégal »

Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi 18 mars, le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté les grandes orientations de l’action gouvernementale en matière d’emploi et de redressement des entreprises publiques stratégiques. Dans un contexte marqué par des tensions persistantes sur le marché du travail et des difficultés structurelles dans certains secteurs clés, l’exécutif affiche une volonté de réforme et de restructuration, structurée autour d’un diagnostic réfléchi et de mesures ciblées.
Au cœur de cette intervention se trouve la mise en place d’une politique nationale de l’emploi, présentée comme un pilier central de la stratégie économique et sociale du gouvernement. Selon le Premier ministre, cette politique s’inscrit dans une démarche inclusive et vise à mieux structurer les systèmes existants. Elle vise notamment à rationaliser les structures de gouvernance, souvent critiquées pour leur chevauchement et leur manque de clarté, afin de renforcer l’efficacité de l’action publique. L’objectif est également d’améliorer la coordination entre les différents acteurs institutionnels impliqués dans l’insertion professionnelle.
Dans cette dynamique, le gouvernement entend renforcer les mécanismes de coopération entre l’État et le patronat, tout en développant des mécanismes pour promouvoir l’apprentissage et la formation professionnelle. L’accent est mis sur la formation alternée, considérée comme un levier pour rapprocher les compétences acquises par les jeunes des besoins réels du marché du travail. Cette orientation vise à répondre aux difficultés d’insertion professionnelle, particulièrement marquées chez les jeunes, et à soutenir le développement des secteurs productifs.
Le Premier ministre a également évoqué la réforme du Code du travail, qui s’inscrit dans cette même logique d’adaptation aux réalités économiques actuelles. Même si les contours précis de cette réforme n’ont pas été détaillés, elle s’inscrit dans une volonté plus large de moderniser le cadre réglementaire, afin de favoriser la création d’emplois et d’améliorer les conditions de travail.
A côté de ces mesures relatives à l’emploi, une attention particulière a été portée à la situation du secteur aérien, notamment celle de Air Sénégal et de AIBD SA. Le Premier ministre a rappelé que des décisions avaient déjà été prises lors du Conseil interministériel du 3 avril 2025, servant de base à l’élaboration d’un plan global de relance.
Ce plan comprend plusieurs axes structurants, dont la reconstitution des fonds propres, la recapitalisation et le refinancement des sociétés concernées. Il prévoit également la réalisation d’un audit financier et organisationnel complet, destiné à établir un état des lieux précis et identifier des leviers d’amélioration. Ces mesures traduisent une volonté de renforcer la viabilité économique de ces entités, tout en assurant une meilleure gouvernance.
Le chef du gouvernement a posé un diagnostic sans détour sur la situation d’Air Sénégal, décrite comme une entreprise publique en difficulté. Il a toutefois réaffirmé l’engagement de l’État à accompagner sa relance, tout en envisageant une reconfiguration plus large du secteur aéronautique national. Cette approche vise à inscrire la compagnie aérienne et la plateforme aéroportuaire dans une stratégie globale de souveraineté, de connectivité et d’attractivité économique.
Dans cette perspective, le gouvernement entend faire de ces infrastructures des instruments centraux de développement, capables de soutenir la croissance économique et de renforcer l’intégration du Sénégal dans les réseaux internationaux. Le repositionnement stratégique d’Air Sénégal et de l’AIBD SA apparaît ainsi comme un enjeu majeur, dépassant le simple cadre du sauvetage des entreprises pour s’inscrire dans une vision de long terme.


