Décarbonation du transport maritime, le Sénégal lance son plan d’action national

Le directeur général de l’Agence nationale des affaires maritimes (ANAM), Bécaye Diop, a procédé mercredi au lancement officiel du plan d’action national (PAN) de décarbonation des navires, visant à encadrer les dynamiques du secteur pour en atténuer les risques environnementaux.
« Si la dynamique de l’exploitation du pétrole et du gaz offshore, le transport maritime et le développement des infrastructures portuaires ne sont pas encadrés, ils peuvent accentuer les risques environnementaux », a-t-il déclaré.
Le DG de l’ANAM s’exprimait à l’occasion du lancement suivi d’un atelier national des parties prenantes sur la promotion de la transition maritime verte au Sénégal.
Il considère que dans cet esprit, il est « impératif d’adopter une approche intégrée sur les émissions de gaz à effets de serre articulée autour de plusieurs axes prioritaires, notamment l’élaboration d’un plan d’action national de décarbonations du secteur maritime ».
Il s’agit de réalisation de la réalisation d’un diagnostic national approfondi et de l’établissement d’un état des lieux précis des émissions de gaz à effets de serre du secteur maritime incluant les transports, la pêche et les activités offshore.
« Ce diagnostic permettra d’identifier les principales sources, les marges de réduction », at-il détaillé, soulignant la nécessité de définir « des objectifs clairs » alignés sur les engagements nationaux et internationaux.
Il a également indiqué que le plan devra fixer des cibles mesurables à court, moyen et long termes, en cohérence avec les orientations de l’Organisation internationale maritime.
M. Diop a recommandé la mise en place d’un cadre de gouvernance inclusif dont le ministère de tutelle devrait assurer la coordination, de concert avec les différentes parties prenantes, l’administration, le secteur privé, la société civile, les universitaires, les acteurs de la pêche, les industries gazière et pétrolière, les partenaires.
Il a fait observer que la mobilisation des financements verts et la transition vers un secteur maritime nécessiteront des investissements importants.
Pour cela, il suggère d’explorer les mécanismes de financements innovants, remarquables que le renforcement des capacités et la recherche, la formation, l’innovation, le développement des compétences locales seront essentiels pour assurer une transition durable et maîtrisée.
Il a également indiqué que la mise en place d’un système de suivi et d’évaluation des indicateurs de performance devrait être définie pour mesurer les progrès réalisés et ajuster les actions prévues en conséquence.
Le représentant du ministère des Affaires étrangères, Ousmane Cissé, a rapporté l’importance de la décarbonation du secteur maritime, estimant qu’elle constitue « à la fois un impératif environnemental et une opportunité stratégique ».
Pour lui, cet atelier représente « une plateforme précieuse pour favoriser le dialogue entre les différentes parties, harmoniser les approches et identifier des solutions concrètes adaptées à notre contexte national et régional ».
L’objectif de cet atelier est d’arriver à une « décarbonation totale » dans le domaine maritime d’ici 2050, en lien avec le projet « Green voyage 2050 ».
Le député Ousmane Ciss, représentant l’Assemblée nationale, s’est réjoui de la tenue de cet atelier, estimant qu’il permettra aux députés de renforcer leurs capacités pour mieux ajuster leurs positions sur la question de la décarbonation dans le secteur maritime.



