Société, Culture

Dette, opacité et vérité : "Le karma existe, et Dieu est juste" (Mouhamadou Lamine Massaly)

À vous qui dirigez le Sénégal,
je m’adresse sans détour et avec gravité, mais surtout avec le sens de la responsabilité que m’impose la situation actuelle de notre nation.
 
Le Karma existe
 
Hier, vous dénonciez avec vigueur ce que vous appelez une dette cachée. Aujourd’hui, ce sont des emprunts cachés dont les contours restent flous, des montants engagés sans pédagogie, et des silences qui interrogent. Dieu est juste, et l’histoire a toujours fini par rattraper ceux qui pensent pouvoir gouverner dans l’ombre.
 
Je vous pose une question simple, mais fondamentale : avez-vous déclaré les 650 millions d’euros, soit 4 263 720 050 000 FCFA, inscrits dans la loi de finances initiale de 2025 ?
 
Si cette somme est bien engagée, alors le peuple sénégalais est en droit de savoir :
Dans quelles conditions cet argent at-il été emprunté ? À quel taux ? Sur quelles durées ? Avec quelles garanties ?
Et surtout, dans quel objectif précis ?
 
Car au-delà des chiffres, il y a une réalité visible : le Sénégal que nous parcourons pendant vos deux ans ne porte pas les marques de tels investissements. Où sont les infrastructures majeures ? Où sont les projets structurants ? Où sont les réalisations qui justifient un tel niveau d’endettement en seulement deux années de magistrature ?
 
Le silence autour de ces questions ne peut plus durer.
 
Je m’interroge également sur un autre point tout aussi préoccupant : le bulletin statistique de la dette.
Ce document, qui doit être publié tous les trois mois pour informer les citoyens, semble avoir disparu de la circulation depuis 2024. Est-il aussi devenu invisible ? Est-il retenu volontairement ? Ou bien faut-il comprendre que la transparence n’est plus une priorité ?
 
Le peuple sénégalais n’a reçu aucune explication claire à ce sujet.
 
Dans le même registre, votre accord avec Africa Finance Corporation soulève de nombreuses interrogations.
Un remboursement d’obligations a été évoqué, mais sans jamais que les conditions, les modalités ou les détails de cet engagement ne soient portés à la connaissance des citoyens.
 
Pourquoi ce refus de transparence ?
Pourquoi ces zones d’ombre persistantes sur des décisions qui engagent toute une nation ? Où est passé votre soit dire Jubb Jubbeul Jubbaneti. Car il faut le rappeler avec force : ces emprunts ne vous appartiennent pas. Ils engagent le Sénégal.
Ils engagent chaque citoyen.
Ils engagent les générations futures.
 
La dette est contractée au nom du peuple. Elle ne peut être gérée dans l’opacité.
 
Ce qui trouble davantage, c’est le contraste frappant entre le niveau d’endettement et l’absence de résultats visibles. Aucun projet majeur de réalisation clairement identifié, aucune transformation structurelle notable, aucune à la hauteur des montants mobilisés.
 
Pas même une première pierre posée qui symboliserait une ambition concrète.
 
Alors une question s’impose, inévitable :
Êtes-vous au service de la patrie, ou la patrie est-elle devenue un moyen au service d’intérêts particuliers ?
Est-ce le don de soi pour la nation… ou le don de la nation pour soi ?
 
Hier, la dette soit dite cachée faisait l’objet de critiques virulentes, mais elle s’accompagnait de réalisations visibles. Aujourd’hui, les emprunts cachés se multiplient, mais avec zéro résultat et zéro réalisation. Ce décalage alimente le doute, fragilise la confiance et installe une inquiétude légitime dans l’esprit de tous les Sénégalais.
 
Les Sénégalais méritent mieux que des silences. Les Sénégalais méritent mieux que des actes approximatifs.
 

Les Sénégalais méritent l’éclatement de la vérité.
 
La gestion des finances publiques ne peut être un exercice opaque. Elle doit être claire, documentée, expliquée et assumée. Chaque franc emprunté doit pouvoir être retracé. Chaque engagement doit être justifié. Chaque projet doit être visible. Pas fantôme et fictif.
 
Ce n’est pas une faveur à accorder à la population sénégalaise mais une obligation ferme.
 
Aujourd’hui, ce message n’est pas seulement une interpellation.
C’est un appel à la responsabilité.
Un appel à la transparence.
Un appel à la vérité.
 
Gouverner, ce n’est pas seulement exercer le pouvoir, c’est répondre devant le peuple. Et sur chaque franc emprunté au nom du Sénégal, vous rendez compte devant la nation, devant l’histoire, et devant Dieu.
 
Mouhamadou Lamine Massaly Président du Parti UNR(union pour une nouvelle république).

 

 


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