Société, Culture

Diomaye refuse de laisser réécrire l’histoire de sa coalition

Lors de l’assemblée générale de la coalition “Diomaye Président” ce samedi 7 mars 2026, le président de la République Bassirou Diomaye Faye a prononcé un discours de recadrage politique, insistant sur l’humilité, le dialogue et la nécessité d’une coalition opérationnelle pour soutenir l’action gouvernementale.

Devant les militants et responsables de la coalition réunis pour l’adoption des textes fondateurs, le chef de l’État a d’emblée rendu “un hommage appuyé au superviseur de la coalition Diomaye Président”, en référence au Premier ministre Ousmane Sonko. “Je n’ai jamais été candidat sans son aval, parce que je ne fais pas la danse des tours politiques”, at-il déclaré, réaffirmant ainsi la primauté de Sonko dans l’architecture politique du régime actuel.

Le président Faye a également tenu à clarifier l’historique de la coalition face à ce qu’il considère comme des tentatives de “falsifier l’histoire”. Rappelant que le parti Pastef a été dissous le 31 juillet 2023 par décret présidentiel, il a précisé : “J’ai été élu le 24 mars 2024 sous la bannière d’une coalition. C’est ça la vérité de l’histoire.” La coalition “Diomaye Président” avait été créée lors d’une assemblée générale tenue le 22 septembre 2023, trois jours seulement après sa sortie de prison le 14 mars 2024.

Une gouvernance d’humilité ancrée dans la conscience historique

Tout au long de son intervention, Bassirou Diomaye Faye a insisté sur la nécessité d’une gouvernance humble. “Gardez en tête que le Sénégal n’a pas commencé avec nous. Gardez en tête que le Sénégal ne finira pas avec nous”, at-il martelé, en hommage aux générations de résistants et de porteurs de pancarte qui ont construit la trajectoire démocratique du pays depuis 1958.

Cette humilité, le président l’a établi en principe directeur de son mandat : ​​”Il faut être sincère dans l’engagement. Le Sénégal ne nous appartient pas. Nous les politiques, il appartient à tous les Sénégalais.” Une philosophie qui, selon lui, implique le respect de l’opposition, “les futurs gouvernants”, et le rejet de “toute forme d’éternité” au pouvoir.

Le chef de l’État a également réaffirmé sa foi dans le dialogue politique, évoquant sa participation en 2016, alors qu’il était dans l’opposition, à un débat sur la réforme du code des mines aux côtés du directeur général des mines de l’époque, Ousmane Sarr. “Le code des mines, c’est le code des mines du Sénégal”, avait-il justifié à l’époque, illustrant sa vision d’un débat constructif au-delà des clivages partisans.

Restructuration de la coalition et mobilisation pour le projet

Le moment fort du discours a été la critique à peine voilée de l’inactivité de la coalition depuis l’accession au pouvoir. “La coalition n’a eu que deux activités : une conférence de presse sur les 100 jours du mandat, et une conférence de presse à la date d’anniversaire du mandat”, a constaté le président Faye. “Une coalition qui soutient l’action présidentielle ne peut pas être limitée à cela”, a-t-il ajouté.

Dans une lettre envoyée aux alliés de la coalition, dont il a révélé la teneur, le président a rappelé : “Nous avons conquis le pouvoir avec vous. Nous devons l’exercer avec vous.” La coalition ayant obtenu 54,28% des suffrages à l’élection présidentielle, il estime que “ce pouvoir, nous l’exercerons avec vous”.

Le chef de l’État a donc appelé à une restructuration complète de la coalition pour la rendre “opérationnelle” et “pleinement au service de la vulgarisation de l’action du gouvernement”. “La coalition doit être présente partout : dans tous les départements, dans toutes les communes, dans tous les villages, dans tous les quartiers”, at-il exhorté, insistant sur la nécessité d’un ancrage territorial fort pour porter le projet de transformation du pays.

Concluant son discours sur une note solennelle, Bassirou Diomaye Faye a réitéré son engagement de loyauté : “Cette coalition, je ne la trahirai jamais. Je veux être le gardien de ces valeurs.” Remerciant les militants pour leur “engagement d’abord pour le Sénégal” et pour avoir porté le régime au pouvoir, le président a promis une “gouvernance de sérénité” : “Rien, absolument rien ne peut nous ébranler.”

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