Extradition partielle : Madiambal Diagne promet un recours devant la Cour suprême et se dit serein

XALIMANEWS : Le drame judiciaire international concernant Madiambal Diagne a atteint hier un stade décisif. Ce mardi 3 mars 2026, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Versailles a rendu un avis partiellement favorable à la demande d’extradition formulée par les autorités sénégalaises. Cette décision fait suite à une procédure complexe initiée il y a plusieurs mois. Selon le communiqué de la cour d’appel de Versailles, cet avis « partiel » s’explique par la prescription d’une partie des faits évoqués dans le dossier, empêchant ainsi une validation complète de la demande de rapatriement.
L’affaire a débuté le 21 octobre 2025, date à laquelle M. Diagne a été arrêté et placé sous contrôle judiciaire en France. Cette arrestation faisait suite à un mandat d’arrêt international émis par un juge d’instruction du Pool judiciaire financier du tribunal de grande instance de Dakar. Et maintenant ? Même si cet avis constitue une avancée pour les autorités sénégalaises, il ne signifie pas l’extradition immédiate de l’intéressé. En droit français, l’avis de la chambre d’instruction peut encore faire l’objet d’un pourvoi (pourvoi en cassation). C’est ce que va faire la défense.
Pour l’avocat du fondateur du Groupe Avenir Communication, Me Vincent Brengarth, “il s’agit d’un avis partiellement favorable à l’extradition de M. Diagne”. Analysant cette décision, il a déclaré : “Pour nous, c’est une demi-victoire car nous n’avons pas été entièrement suivis dans notre argumentation, et nous ne comprenons pas les raisons pour lesquelles la Chambre d’Instruction n’a pas suivi son raisonnement. Parce qu’elle a considéré pour une partie des faits que la demande n’était pas fondée, et pour l’autre, qu’elle l’était. C’est une décision que nous ne comprenons pas, et évidemment, nous avons décidé d’aller jusqu’au bout.” Me Brengarth annonce ainsi « un pourvoi en cassation ».
L’avocat de Madiambal a en outre précisé que cette décision n’était “pas non plus une victoire pour les autorités sénégalaises”. Et d’expliquer : “La justice reconnaît que la demande qui a été faite n’est pas tout à fait fondée, mais nous attendions plus de la Chambre d’instruction. Ce n’est pas un avis favorable, ce n’est pas un avis défavorable ; c’est un avis partiellement favorable, on est un peu à mi-chemin.” Poursuivant ses propos, il estime que « c’est une décision qui n’a aucun sens ». Et il argumente : “Parce qu’on ne voit pas pourquoi il devait y avoir un caractère partiel. Pour une demande, on émet un avis favorable ou défavorable. Être à mi-chemin n’a pas de sens, nous contesterons cette décision.”
Pour Me Brengarth, cette décision est incompréhensible, car « les autorités sénégalaises n’ont jamais pu préciser les faits qui sont reprochés à M. Diagne ». Il ajoute que « ces mêmes autorités n’ont jamais pu justifier sur place des garanties d’un procès équitable ». Et l’avocat rappelle pour étayer ses propos : “Des membres de la famille Diagne ont été arrêtés dans des conditions révoltantes (…) Il est difficile de penser que la décision qui a été rendue aujourd’hui soit totalement étrangère aux pressions qui ont été exercées par les autorités sénégalaises. Je rappelle qu’il y a eu ce chantage exercé sur les autorités françaises consistant à dire que la réciprocité cesserait si M. Diagne et d’autres ressortissants sénégalais n’étaient pas remis aux autorités sénégalaises. Compte tenu de “toutes ces réalités”, il soutient “que ce sera désormais à la Cour de cassation de trancher ».
“Je me sens serein”
Madiambal Diagne, qui s’est également exprimé après l’annonce du verdict, parle d’une demi-victoire : “Je me sens serein et confiant. Les avocats ont porté le dossier avec des arguments juridiques et factuels très pertinents, mais aussi avec un plaidoyer pertinent, et c’est ce qui nous a valu cette décision qui est une demi-victoire”. Commentant cette décision, M. Diagne note que la Cour a divisé la poire en deux. “C’est quelque chose d’inédit, car une demande d’extradition est satisfaite ou non. Mais couper la poire en deux en disant que nous sommes partiellement favorables à un avis favorable, cela pose un problème de pratique judiciaire que mes avocats ont constaté. Et ils vont se pourvoir en cassation. C’est une nouvelle bataille juridique ou procédurale qui commence, et j’ai confiance que mes avocats s’en sortiront bien”, a-t-il déclaré.
Interrogé pour savoir si les pressions de l’Etat sénégalais ont influencé cette décision, M. Diagne estime que “pour l’instant, ce n’est pas l’Etat français qui est en cause”. Et de souligner : “C’est la justice française qui a statué. On appréciera quand toutes les voies de recours auront été épuisées. De toute façon, toute décision de l’Etat français sera susceptible de recours, et nous sommes dans un Etat de droit. C’est parce que j’ai confiance en la justice française que je suis venu ici. Je ne suis pas déçu car la France a veillé tout au long de la procédure au respect des droits fondamentaux et de la régularité de la procédure. Au Sénégal, je ne revendique pas ce traitement, vous avez vu tous mes proches qui ont été emprisonnés sans preuves.” C’est parce que je suis en France que je peux m’exprimer aussi librement.
LeQuotidienSn


