face aux bombardements, Donald Trump envoie une directive inattendue aux civils de Téhéran

Les États-Unis et Israël ont lancé une série de frappes conjointes contre plus de vingt provinces iraniennes, déclenchant une réponse balistique de Téhéran dans toute la région. Dans la capitale iranienne, alors que les bombes tombent, les civils se retrouvent pris entre les ordres d’évacuation de leur gouvernement et les messages radicalement différents venant de l’étranger.
Samedi après-midi, le gouvernement iranien a envoyé un SMS aux 10 millions d’habitants de Téhéran. Les autorités conseillent à la population de quitter la ville et de se diriger vers d’autres centres urbains, tout en appelant la population au calme. Dès le matin, les routes quittant la capitale étaient massivement encombrées. Des files d’attente se sont formées devant les stations-service, même si le gouvernement a assuré que les approvisionnements en nourriture et en carburant étaient sous contrôle. Pour faciliter ces départs, des stations de ravitaillement ont été installées sur les routes principales, de nombreuses familles se dirigeant vers la mer Caspienne au nord.
Cependant, une instruction contraire a été émise de l’extérieur du pays. Contrairement à juin dernier où il prônait l’évacuation, Donald Trump a publié dès le début des frappes un message vidéo appelant les Iraniens à rester chez eux. Il les a appelés à attendre le moment opportun pour se soulever et renverser le régime en place depuis 1979, qualifiant ce moment de « seule chance pour des générations ». Selon les informations diffusées par Al Jazeera, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et Reza Pahlavi, fils de l’ancien Shah, ont relayé des messages similaires, ce dernier demandant à la population de se préparer à un ultime effort dans la rue.
Sur le terrain, ces bombardements ont causé d’importants dégâts et des pertes humaines. La première salve a visé le quartier Pasteur, au centre de Téhéran, où sont concentrées les institutions gouvernementales. Les images satellite montrent que le complexe abritant les bureaux du Guide suprême a été en grande partie détruit. Le ministre iranien des Affaires étrangères a toutefois déclaré à NBC News que l’ayatollah Ali Khamenei et le président Massoud Pezeshkian étaient vivants. Ailleurs, des frappes ont touché deux écoles à Minab, dans le sud du pays, et à Téhéran, tuant des dizaines de personnes, dont de nombreux enfants.
En réponse à cette crise, le Conseil suprême de sécurité nationale a ordonné la fermeture des écoles et universités jusqu’à nouvel ordre. Dans les rues du centre de Téhéran, les forces paramilitaires Basij, affiliées aux Gardiens de la révolution, ont été déployées en patrouille, tandis que des rassemblements pro-gouvernementaux se tenaient sur la place de Palestine. Dans le même temps, les autorités ont procédé à une fermeture drastique de l’Internet et des réseaux mobiles à l’échelle nationale, bloquant ainsi la quasi-totalité du trafic. À la tombée de la nuit, les rues de la capitale se vidaient, laissant place au bruit continu des explosions.


