Face aux frappes iraniennes, 12 pays s’accordent sur un principe de défense validé par l’ONU

Alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran entre dans sa quatrième semaine, les ministres des Affaires étrangères de douze pays arabes et musulmans se sont réunis d’urgence à Riyad, en Arabie Saoudite. Cette réunion intervient en réponse à la multiplication des frappes iraniennes visant des infrastructures stratégiques dans la région.
Les négociations de mercredi se sont déroulées dans un climat de haute tension. Téhéran a récemment ciblé plusieurs installations énergétiques en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Qatar. Selon la chaîne Al Jazeera, ces opérations constituent une réponse directe à la frappe israélienne contre le champ gazier de South Pars, la plus grande source d’énergie de l’Iran. Cette séquence intervient dans une semaine marquée par les assassinats de hauts responsables iraniens par Israël, dont Ali Larijani, le commandant paramilitaire Basij Gholamreza Soleimani et le chef du renseignement Esmail Khatib.
À l’issue de la réunion, une déclaration commune a été publiée jeudi par les représentants du Qatar, de l’Azerbaïdjan, de Bahreïn, de l’Égypte, de la Jordanie, du Koweït, du Liban, du Pakistan, de l’Arabie saoudite, de la Syrie, de la Turquie et des Émirats arabes unis. Ces États ont condamné les attaques iraniennes de missiles balistiques et de drones qui ont touché des zones résidentielles, des usines de dessalement, des sites pétroliers et des emprises diplomatiques. Face à cette situation, ces douze nations s’appuient désormais explicitement sur l’article 51 de la Charte des Nations Unies pour affirmer le droit des États à se défendre.
Les diplomates ont également dénoncé les attaques israéliennes au Liban et la politique expansionniste d’Israël dans la région. Au Liban, les frappes israéliennes ont causé la mort d’au moins 968 personnes en moins de trois semaines, parallèlement à une invasion terrestre dans le sud du pays.
Le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal bin Farhan Al Saud a souligné que les États du Golfe disposent de capacités militaires importantes qu’ils pourraient déployer si nécessaire. Affirmant que la confiance avec Téhéran est désormais rompue, il a laissé entendre que le rapprochement irano-saoudien, initié il y a trois ans sous l’égide de Pékin, était sérieusement compromis. Un durcissement qui fait écho aux récentes frappes contre les pays du Golfe, ciblés en raison de la présence d’installations américaines à proximité de leurs frontières.
Du côté de Téhéran, le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, qui a succédé à son père assassiné au premier jour du conflit, a déclaré sur sa chaîne officielle Telegram que « chaque goutte de sang versé a un prix ». Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a revendiqué « l’Opération True Promise 4 » contre les installations pétrolières liées aux États-Unis, affirmant qu’il est entré dans une nouvelle phase de guerre pour défendre ses infrastructures. Selon les données du gouvernement iranien, les frappes américano-israéliennes contre l’Iran ont fait à ce jour 1 444 morts et 18 551 blessés.



