L’Iran salue les “bons progrès” et les nouvelles négociations avec Washington “en moins d’une semaine”

“De très bons progrès” : l’Iran s’est montré confiant jeudi soir après des discussions indirectes à Genève avec les Etats-Unis, et a annoncé une probable nouvelle session dans moins d’une semaine.
Ces pourparlers apparaissent comme ceux de la dernière chance pour éviter un affrontement militaire après un déploiement massif américain au Moyen-Orient.
Le 19 février, Donald Trump a lancé un ultimatum de « 10 à 15 jours » pour décider si un accord avec Téhéran était possible ou s’il recourrait à la force.
“Nous avons fait de très bons progrès et abordé très sérieusement les éléments d’un accord, tant dans le domaine nucléaire que dans celui des sanctions”, a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi à la télévision d’État.
“Il a été (…) décidé que le prochain cycle de négociations aurait lieu très prochainement, peut-être dans moins d’une semaine”, a-t-il ajouté.
Il a ensuite déclaré à X que la dernière session de négociations à Genève avait été “la plus intense jusqu’à présent”, estimant que “de nouveaux progrès ont été réalisés dans notre engagement diplomatique avec les Etats-Unis”.
Des discussions « entre équipes techniques » auront lieu dans un premier temps lundi à Vienne, en Autriche, avec « l’aide d’experts » de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Le médiateur omanais a également évoqué des « progrès significatifs », via son chef de la diplomatie Badr al-Busaidi.
– Portée des missiles –
Les deux parties ont tenu jeudi une troisième séance de pourparlers à la résidence de l’ambassadeur d’Oman près de Genève pendant plusieurs heures, interrompue par une pause à midi.
Washington veut parvenir à un accord empêchant l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, une crainte des Occidentaux qui alimente depuis longtemps les tensions avec Téhéran.
La République islamique nie nourrir de telles ambitions mais reste ferme sur son « droit » au nucléaire civil, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont elle est signataire.
Autre sujet de discorde : Washington exige d’aborder la question du programme balistique iranien, exclu par l’Iran, dont la diplomatie a affirmé que seule la question nucléaire serait débattue.
Dans son discours sur l’état de l’Union, le président Trump a accusé mardi l’Iran de disposer de “missiles pouvant menacer l’Europe” et les bases militaires américaines, et d’œuvrer à la conception de missiles plus puissants, capables “d’atteindre bientôt les Etats-Unis”.
Téhéran, qui affirme avoir limité la portée de ses missiles à 2 000 km, a dénoncé de « gros mensonges ».
L’Iran dispose d’un vaste arsenal de conception locale, notamment des Shahab-3, qui peuvent atteindre Israël, son ennemi juré et les pays d’Europe de l’Est.
– “Idées nouvelles et créatives” –
“Les négociateurs font preuve d’une ouverture sans précédent aux idées et solutions nouvelles et créatives”, a salué plus tôt jeudi M. Busaidi, après avoir rencontré l’envoyé américain Steve Witkoff, accompagné du gendre de Donald Trump, Jared Kushner.
Selon le Wall Street Journal, ces derniers formuleraient cependant des exigences maximalistes, parmi lesquelles un démantèlement total des trois principaux sites nucléaires iraniens, Fordo, Natanz et Ispahan – visés par les frappes américaines en juin – et la remise aux États-Unis des stocks d’uranium enrichi du pays.
Les deux pays ennemis ont repris le dialogue le 6 février à Oman, avant de se retrouver le 17 – déjà en Suisse.
Les négociations précédentes avaient été interrompues par la guerre lancée en juin 2025 par Israël contre l’Iran, à laquelle Washington s’est brièvement joint.
– Étudiants suspendus –
Les nouvelles tensions sont apparues après la répression sanglante en janvier d’un vaste mouvement de protestation des Iraniens, à qui Donald Trump avait alors promis de venir “en aide”.
De nouveaux rassemblements ont eu lieu ces derniers jours dans les universités, et trois étudiants ont été suspendus pour avoir brûlé le drapeau de la République islamique, adopté après la révolution de 1979 qui a renversé la monarchie.
Washington dispose actuellement de 13 navires de guerre au Moyen-Orient. Elle a déployé deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand du monde, qui a repris la mer jeudi après une escale en Crète, selon un photographe de l’AFP. [AFP]



