Société, Culture

Front de Terre, le Collectif de Khar-yalla conteste toute occupation sans droit ni titre et dément un déguerpissement ordonné

Le Collectif des habitants de Khar-yalla, à la Cité Front de Terre, a publié un communiqué apportant un démenti formel aux informations parues dans le quotidien Le Témoin du 19 février 2026 et représailles par SenePlus au sujet d’une prétendue occupation illégale du site et d’un déguerpissement ordonné par la justice.

Selon le Collectif, les affirmations présentant les familles comme des occupants « sans droit ni titre » ne correspondent pas à la réalité juridique et historique du dossier. Les habitants soutiennent que leur présence sur les lieux repose sur des actes réguliers remontants au début des années 1970.

Le communiqué rappelle qu’un acte notarié a été reçu en 1971 par Maître Hyacinthe Lat Senghor, notaire à Dakar. Cet acte porte sur la vente d’une parcelle de 7 322 mètres carrés située à Khar-yalla, Front de Terre, immatriculée sous le titre foncier numéro 3645 DG.

La vente aurait été consentie par Monsieur Toussaint Lucchini et son épouse à feu Baboukar Mbaye, également connu sous le nom de Babacar Mbaye, pour un montant de 1 500 000 francs CFA.

Il est précisé qu’un acompte de 300 000 francs CFA avait été versé, le solde devant être payé sur douze mois par mensualités de 60 000 francs CFA, sans intérêt, à compter de la date de signature de l’acte.

Le Collectif affirme que Baboukar Mbaye a par la suite morcelé le terrain et cédé des parcelles à différentes familles, en leur délivrant des actes de vente, des reçus de paiement signés et cachetés, ainsi qu’un plan de masse numéroté de 1 à 22 mentionnant le nom de chaque propriétaire. Les habitants disent être en possession de ces documents.

Selon le communiqué, l’absence de mutation des titres fonciers individuels ne résulte pas d’une occupation irrégulière, mais du non-paiement intégral du prix global par le vendeur principal. Cette situation aurait entraîné le maintien d’une hypothèque sur le titre foncier jusqu’au décès de Baboukar Mbaye en 1976.

Le Collectif évoque une assignation judiciaire datée du 23 novembre 1972, dont le jugement s’est tenu le 2 décembre 1972 devant la Cour de Dakar, sous le numéro de dossier 13 484. Les habitants indiquant ne pas vouloir, à ce stade, entrer davantage dans le détail des procédures anciennes.

Ils estiment que cette situation juridique, indépendante de la volonté des acquéreurs, ne saurait être imputée aux familles installées sur les lieux depuis plus de cinquante ans de manière continue, paisible et publique.

Le communiqué conteste également l’affirmation selon laquelle le terrain aurait été vierge et occupé par des gargotiers, des mécaniciens ou des squatters.

Un membre du Collectif indique que sa propre famille, identifiée comme occupant la parcelle numéro 14, a construit une maison en dur dès 1974, alors que Baboukar Mbaye était encore en vie. Il est affirmé que ce dernier fréquentait régulièrement le quartier pour encaisser les versements et délivrer des reçus cachetés portant un numéro de téléphone de l’époque, le 323 13.

Le Collectif souligne en outre que certaines familles qu’il estime aujourd’hui parties entraînent du litige ont obtenu leur certificat d’hérédité avec, comme principal témoin, le père de l’un des occupants actuels, ce qui, selon eux, contredirait la thèse d’une occupation récente ou frauduleuse.

Les habitants soutiennent qu’il est inexact d’affirmer que la justice aurait ordonné un déguerpissement général.

Ils précisent que certaines procédures engagées par les héritiers ont été annulées pour vice de forme, que d’autres sont toujours pendantes devant les juridictions compétentes et que des assignations ont été servies à des personnes étrangères au litige.

Parallèlement, des procédures en perfectionnement de vente seraient en cours devant le juge du fond.

Dans ces conditions, le Collectif estime qu’aucune décision définitive ne saurait légalement justifier les tentatives d’expulsion ou de démolition actuellement référencées.

Le Collectif des habitants de Khar-yalla, Front de Terre, considère que les présenter comme des occupants « sans droit ni titre » constituent une atteinte grave à la vérité, alimentant une insécurité foncière injustifiée et menace la stabilité de vingt-deux familles établies sur le site depuis plusieurs générations.

Il appelle au respect de l’État de droit, à la suspension de toute mesure coercitive et à un arbitrage impartial fondé sur les faits, les actes existants et la justice sociale.

Le communiqué est signé à Dakar, le 19 février 2026, par Mody Tamsir Touré, au nom du Collectif des habitants de Khar-yalla, Front de Terre.

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