Société, Culture

Jeune Afrique dévoile les coulisses de la surprenante candidature de Macky Sall

L’ancien président sénégalais Macky Sall est désormais candidat au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. Il ambitionne de succéder à António Guterres, dont le mandat arrive à son terme à la fin de l’année 2026.

Particularité de cette candidature : elle n’a pas été présentée par le Sénégal, pays qu’il a dirigé de 2012 à 2024, mais par le Burundi. L’initiative émane du président burundais Évariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence tournante de l’Union africaine, selon Jeune Afrique.

Une candidature qui n’apparaissait pas dans les soutiens africains

Lors du sommet de l’Union africaine organisé en février à Addis-Abeba, un document recensant les candidatures africaines vraisemblablement appuyées par l’organisation avait été diffusé. Le nom de Macky Sall n’y figurait cependant pas, révèle la même source.

Cette absence alimente les interrogatoires sur la manière dont le soutien du président burundais a été décidé. Certains observateurs estiment que cette démarche pourrait ne pas avoir fait l’objet d’une concertation préalable entre les chefs d’État africains ni d’une validation formelle au sein de l’organisation continentale.

L’ancien président sans soutien officiel de Dakar

Autre élément notable : l’ancien chef de l’État ne dispose pas, pour le moment, du soutien officiel des autorités sénégalaises. Au début du mois de février, Macky Sall aurait adressé une lettre à son successeur, Bassirou Diomaye Faye, afin de solliciter l’appui de Dakar. Cette demande resterait sans réponse, rapporte toujours Jeune Afrique.

Les relations entre l’ancien régime et le nouveau pouvoir restent marquées par les tensions politiques ayant précédé l’élection présidentielle de 2024. La crise politique qui a secoué le pays entre 2021 et 2024 avait notamment opposé Macky Sall au leader du parti Pastef, Ousmane Sonko, aujourd’hui Premier ministre.

Le dossier de la « dette cachée », pour lequel les nouvelles autorités prennent en compte l’ancien président responsable, contribue également à entretenir un climat de méfiance entre les deux camps.

Une expérience diplomatique mise en avant

Malgré ce contexte politique délicat, Macky Sall peut mettre en avant une certaine expérience sur la scène internationale. En 2022, alors qu’il présidait l’Union africaine, il s’était notamment impliqué dans plusieurs dossiers économiques mondiaux, plaidant pour un meilleur accès des pays africains aux ressources financières du Fonds monétaire international et pour une présence permanente de l’Afrique au Conseil de Nations Unies.

Une compétition internationale déjà lancée

La succession d’António Guterres porte déjà plusieurs prétendants. Parmi eux figurent notamment l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, le diplomate argentin Rafael Grossi, ou encore Rebeca Grynspan, actuelle secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement.

Dans ce contexte, l’issue de la candidature de Macky Sall dépendra largement du soutien diplomatique qu’il parviendra à mobiliser, aussi bien en Afrique qu’auprès des grandes puissances membres de l’ONU.

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