La pression monte sur le dossier Softcare

(SénéPlus) – Le silence persistant des autorités sur les conclusions de l’enquête administrative relative aux produits Softcare pousse la société civile à l’action. Ce mardi 3 mars 2026, le Collectif citoyen « Lumière sur Softcare » a officiellement déposé trois courriers à la Primature et à l’Assemblée nationale pour exiger la publication immédiate des résultats de l’enquête ouverte depuis le 16 décembre 2025.
Dans sa lettre envoyée au Premier ministre, le collectif rappelle que “cette procédure avait été annoncée comme une réponse rapide destinée à faire toute la lumière sur les graves interrogations soulevées autour des produits Softcare et à rassurer les populations quant à leur sécurité sanitaire”. Pourtant, “plusieurs semaines après l’ouverture de cette enquête, aucune communication officielle claire n’a été rendue publique, alors même que des informations concordantes indiquant que les conclusions techniques seraient déjà finalisées”, déplore le collectif.
Cette absence de transparence est d’autant plus préoccupante que, selon le collectif, “lorsqu’une affaire concerne directement la santé des femmes, des nourrissons et des familles sénégalaises, la transparence ne peut être différée”. Le document souligne que “chaque sentiment d’impunité et d’opacité administrative” nourrit la défiance des citoyens envers les institutions sanitaires.
Trois exigences claires adressées au gouvernement
Face à cette situation, le Collectif citoyen formule trois demandes précises au Premier ministre :
- “La publication immédiate des conclusions de la procédure engagée depuis le 16 décembre”
- “Une communication officielle expliquant les raisons du blocage observé”
- “La garantie que l’intérêt supérieur de la santé publique prime sur toute autre considération administrative ou économique”
Le collectif rappelle que “le peuple sénégalais a droit à la vérité” et que “la transparence, le Jub Jubal Jubanti, ne peut rester un slogan : elle doit se traduire par des actes concrets”.
Parallèlement à la saisine de la Primature, le collectif a spécifié deux courriers à l’Assemblée nationale. Dans sa lettre au président de l’institution, il exige « la restitution publique des travaux de la mission d’information parlementaire de l’affaire Softcare » annoncée le 6 janvier.
Cette mission d’information parlementaire “avait suscité un espoir réel parmi les citoyens, car elle traduisait l’exercice du rôle fondamental du Parlement : contrôler l’action gouvernementale et protéger l’intérêt général”, rappelle le collectif. Mais “à ce jour, aucune restitution publique des travaux de cette mission n’a été communiquée à la population”, regrette-t-il.
Le collectif réclame donc :
- “La publication officielle de l’état d’avancement des travaux de la mission”
- “La restitution publique de ses conclusions et recommandations”
- “L’organisation d’une communication parlementaire permettant d’éclairer la nation sur cette affaire”
La Commission Santé de l’Assemblée sollicitée
Dans un troisième courrier adressé à la présidente de la Commission Santé, Population, Affaires sociales et Solidarité nationale de l’Assemblée, le collectif sollicite “officiellement l’intervention de la Commission Santé afin d’assurer la transparence et le suivi parlementaire nécessaire dans l’affaire Softcare”.
Le document demandé :
- “L’inscription urgente du dossier Softcare à l’ordre du jour de la Commission”
- “L’audition publique des responsables du ministère de la Santé et des autorités techniques concernées”
- “La communication publique des conclusions disponibles”
- “L’élaboration de recommandations visant à renforcer la transparence et la vigilance sanitaire”
Le collectif insiste sur le fait que « la protection de la santé publique exige clarté, responsabilité et redevabilité » et que « le Parlement dispose des moyens institutionnels pour garantir ces principes ».
Dans ses trois courriers, le Collectif citoyen “Lumière sur Softcare” se présente comme étant “attaché à une mobilisation citoyenne pacifique et responsable, guidée uniquement par l’exigence de vérité et la protection des consommateurs sénégalais”.



