la raison expérimente par Israël pour justifier une mesure inédite

Alors que les musulmans du monde entier célébraient l’Aïd el-Fitr marquant la fin du Ramadan, les territoires palestiniens ont connu une intensification des violences. Dans un contexte dominé par la quatrième semaine du conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran, la Cisjordanie occupée et la bande de Gaza font face à de nouvelles restrictions de mouvement et à une série d’attaques.
À Jérusalem, les célébrations de l’Aïd ont été accompagnées d’une décision stricte. Selon les informations documentées par la chaîne Al Jazeera, les autorités israéliennes se sont appuyées sur le conflit en cours avec l’Iran pour justifier l’évacuation de l’esplanade des mosquées. Cette mesure, qui a empêché les fidèles d’y prier pendant la fête, est présentée comme une première depuis la prise de contrôle du site par Israël en 1967. En parallèle, la police israélienne a fait usage de grenades assourdissantes et de la force physique pour disperser les personnes tentant de prier aux portes de la vieille ville.
En Cisjordanie, la situation s’est fortement dégradée à la suite du décès, samedi, de Yehuda Sherman, un colon de 18 ans originaire de l’avant-poste de Beit Imrin. Si les colons attribuent cette mort à une attaque à la voiture bélier menée par un Palestinien, des sources locales affirment que le jeune homme a perdu le contrôle d’un camion volé à un agriculteur. En représailles, aux premières heures de dimanche, une centaine d’individus masqués et vêtus de noir ont mené une expédition contre les villages de Jalud et Qaryut, au sud de Naplouse.
Le bilan matériel de ce raid fait état d’au moins cinq véhicules incendiés, de plus de dix maisons touchées, ainsi que de la destruction par le feu du bâtiment du conseil municipal de Jalud. Une tentative d’incendie a également visé une mosquée locale. Les violences se sont ensuite étendues à Deir Sharaf, Deir al-Hatab et Burqa, malgré la présence de l’armée et de la police israélienne aux abords des villages.
Lors des funérailles de Yehuda Sherman, le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a déclaré que le gouvernement a travaillé à la chute de l’Autorité palestinienne afin de mettre fin à l’autonomie limitée dans certains partis de la Cisjordanie. Une position qui contraste avec celle du chef d’état-major de l’armée, Eyal Zamir, qui a publiquement condamné ces actes de violence, les qualifiant d’inacceptables sur le plan moral et éthique.
Sur le terrain, la politique de confiscation des terres et de destruction agricole se poursuit. Des bulldozers ont déraciné plus de 1 500 oliviers sur une surface de 100 dounams à Huwara. De plus, des ordres militaires ont été émis le 16 mars pour saisir 268 dounams (0,268 kilomètre carré) à Tubas et Tammun pour des « raisons militaires ».
Dans la bande de Gaza, la crise humanitaire s’aggrave dans un silence relatif. L’entrée de l’aide a drastiquement diminué depuis le début du conflit avec l’Iran le 28 février, provoquant une flambée des prix. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) alerte sur les pénuries critiques de médicaments et de carburant dans les hôpitaux. Sur le plan diplomatique, des responsables américains ont transmis aux médiateurs du Hamas une proposition formelle exigeant le désarmement du mouvement en échange d’une reconstruction à grande échelle de l’enclave.
Depuis l’instauration du cessez-le-feu d’octobre à Gaza, les autorités sanitaires palestiniennes ont recensé 680 personnes tuées dans le territoire. En Cisjordanie, l’organisation israélienne des droits de l’homme B’Tselem indique qu’au moins 14 Palestiniens ont perdu la vie depuis le 28 février, dont huit lors d’opérations militaires et lors de six d’attaques menées par des colons armés.



