Société, Culture

la riposte destructrice promise par Washington en cas de nouvelle attaque

Alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran s’intensifie, les pays du Golfe font face à une multiplication de frappes iraniennes sur leurs territoires. Si ces monarchies affirment disposer des capacités nécessaires pour repousser ces attaques, elles s’appuient en réalité sur un vaste réseau d’alliances militaires et de partenariats stratégiques internationaux pour sécuriser leurs infrastructures.

Vendredi dernier, l’Arabie saoudite a intercepté plusieurs vagues de drones iraniens. Au Koweït, la Kuwait Petroleum Corporation a signalé que sa raffinerie de Mina al-Ahmadi avait été visée par des attaques matinales, entraînant la fermeture de certaines unités. Des frappes ont également touché le port de Duqm et celui de Salalah à Oman au cours des trois dernières semaines.

Au Qatar, après une frappe israélienne sur le gisement gazier iranien de South Pars, Téhéran a riposté en ciblant l’importante installation gazière qatarie de Ras Laffan. En réaction, le président américain Donald Trump a signé un décret réaffirmant le soutien de son pays à Doha. Il a publiquement prévenu que si l’Iran attaquait de nouveau le Qatar, les États-Unis détruiraient massivement l’intégralité du champ gazier de South Pars, avec ou sans l’aide d’Israël.

Le Qatar abrite déjà la base d’Al Udeid, le plus grand centre de commandement militaire américain de la région, ainsi qu’une installation militaire turque. Le Royaume-Uni a également annoncé l’envoi de quatre avions de chasse Typhoon supplémentaires pour participer à la défense du pays, le Premier ministre britannique Keir Starmer ayant par ailleurs autorisé l’utilisation des bases britanniques par les forces américaines pour des frappes défensives contre les capacités iraniennes.

De son côté, l’Arabie saoudite, qui accueille des forces américaines sur la base aérienne Prince Sultan, un dispositif de sécurité renforcé en signant un pacte de défense mutuelle avec le Pakistan en septembre 2025. Environ 1 500 à 2 000 soldats pakistanais sont actuellement stationnés dans le royaume. Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a récemment indiqué avoir rappelé ces obligations de défense à son homologue iranien Abbas Araghchi.

D’autres États de la région consolident également leurs arsenaux face à l’escalade des tensions au Moyen-Orient. Washington vient d’approuver des contrats d’armement de 8,4 milliards de dollars pour les Émirats arabes unis et de 8 milliards de dollars pour le Koweït, comprenant notamment des systèmes radar de défense aérienne et antimissile. Les Émirats, qui abritent la base américaine d’Al-Dhafra, ont par ailleurs réaffirmé leur partenariat stratégique mondial avec l’Inde.

Cette militarisation s’accumule dans un contexte de blocage maritime. Le 2 mars, Ebrahim Jabari, haut conseiller du Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran, a annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz, voie par laquelle transite un cinquième des approvisionnements mondiaux en hydrocarbures. Cette situation a propulsé le prix du baril de pétrole au-delà des 100 dollars.

Selon les informations recueillies par la chaîne Al Jazeera, l’Inde, le Pakistan et la Chine négocient actuellement des accords de libre passage avec l’Iran pour leurs propres navires. Interrogé par le média qatari, David Roberts, spécialiste en sécurité internationale au Kings College de Londres, souligne que ces pays asiatiques pourraient théoriquement proposer des escortes navales, bien que cela nécessite l’accord de Téhéran. L’expert précise que les pays du Golfe ont un besoin urgent de munitions pour leur défense antimissile, mais que les stocks mondiaux sont actuellement très limités.

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